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Bulletin Quotidien Europe N° 10595
Sommaire Publication complète Par article 27 / 28
AFFAIRES & ENTREPRISES N°15 / (ae) commerce

Stagnation des échanges mondiaux en 2011 (OMC). Les échanges de marchandises dans le monde n'ont enregistré en 2011 qu'une très légère progression de 5%, après un rebond exceptionnel de +13,8% en 2010, selon les premières estimations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). À la stagnation de la croissance économique en Europe sont venus s'ajouter la hausse des prix de l'énergie, les révolutions dans le monde arabe et des catastrophes naturelles de grande ampleur. Les pays développés ont toutefois, de manière inattendue, enregistré une progression des exportations plus fortes que prévu, à +4,7%, grâce aux performances des États-Unis portés par un dollar faible. Les conséquences du tsunami et de la centrale nucléaire de Fukushima, qui ont plongé le Japon dans la récession et gêné le commerce dans la région, n'ont donc pas porté atteinte à cette croissance. Par contre, les pays émergents n'ont accru leurs ventes à l'étranger que de 5,4%. Mis à part la Chine, les livraisons de ses voisins, la Corée du Sud, Taiwan, Singapour et Hong Kong n'ont que peu augmenté (+6%). Les inondations en Thaïlande ont fait plonger de 8,5% les exportations de ce pays au dernier trimestre 2011. Quant à l'Afrique, la quasi-interruption (-75%) des exportations de pétrole en provenance de Libye durant les raids occidentaux contre le colonel Kadhafi explique la chute de 8,3% des exportations de l'ensemble du continent. Les révolutions du printemps arabe ont également largement perturbé les échanges. Les exportations de services, en particulier le tourisme, ont chuté de 20% en Tunisie et en Égypte. Tous pays confondus, ce sont l'Inde, la Chine et les États-Unis qui ont enregistré les plus fortes croissances de leurs exportations en 2011, avec des hausses de, respectivement, +16,1%, +9,2% et +7,2%. A contrario, les plus forts reculs ont été relevés aux Philippines (-14,3%), en Afrique (-8,3%) et au Japon (-0,5%). Au-delà de l'extrême volatilité de ces résultats en 2011, la tendance de fond, proche de la stagnation, demeure, constate l'OMC. L'économie mondiale et le commerce restent fragiles et cela ne s'arrangera pas en 2012. L'organisation prévoit en effet une année 2012 encore bien plus mauvaise, avec une croissance des échanges mondiaux de +3,7%, très en-dessous de la moyenne des années 1990-2008 (+6%). Un léger mieux, à +5,6%, est envisagé pour 2013, si la zone euro n'est pas soumise à de nouvelles turbulences et si les prix des matières premières n'explosent pas. Par ailleurs, l'évolution en volume du commerce mondial reste en deçà de sa tendance d'expansion d'avant crise de 2008-2009. L'écart devrait même se creuser, aussi longtemps que le taux de croissance des échanges mondiaux restera durablement en dessous de sa moyenne de progression d'avant la crise, précise l'OMC. Un processus qui devrait prendre encore plusieurs années. (IL)

 

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