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Bulletin Quotidien Europe N° 10583
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) ocde

Compétitivité, Gurría prône un « moment Spoutnik » pour l'Europe

Bruxelles, 27/03/2012 (Agence Europe) - Le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) Angel Gurría plaide pour l'élaboration d'un véritable pacte de compétitivité pour l'Europe en complément des mesures de consolidation budgétaire déjà prises. Cette initiative viserait notamment à libérer le potentiel inexploité de croissance au sein du marché intérieur.

Intervenant devant les eurodéputés de la commission des Affaires économiques et monétaires, M. Gurría a dressé le constat suivant: « Le centre de gravité économique s'est déplacé vers le sud et l'est », les économies émergentes représentant désormais 50% du PIB mondial (36% à la création de l'OCDE). Et la tendance de croissance en Europe demeure faible à moyen terme, évaluée à « 1,5% par an » en moyenne, comparé à ses principaux concurrents internationaux. Appelant au « réveil de l'UE », le patron de l'OCDE a prôné un « moment Spoutnik » en matière de compétitivité, en référence au sursaut américain en matière de conquête spatiale après le défi jeté par les Soviétiques avec le lancement du satellite Spoutnik à la fin des années 1950. Afin de retrouver une croissance à forte productivité qui permette de faire face à la montée des inégalités sociales, il a vu d'un bon œil le lancement d'un véritable « pacte pour la compétitivité » incluant des réformes structurelles « ambitieuses », parmi lesquelles la libéralisation du secteur des services, la flexibilisation des marchés du travail, la stimulation de l'innovation et de l'esprit d'entreprise.

Marché intérieur. L'ancien ministre mexicain des Finances a vu dans le marché unique « l'un des plus grands atouts de l'Europe ». Afin de bénéficier au mieux du potentiel de croissance de cet atout, certaines conditions doivent être réunies, comme par exemple: - mettre plus efficacement en œuvre la réglementation sur laquelle le marché intérieur repose ; - faciliter les activités transfrontalières, en favorisant la mobilité (ex: reconnaissance accrue des qualifications professionnelles, achèvement des infrastructures de réseau). L'OCDE recommande donc la production de rapports annuels par pays afin de pointer les faiblesses et les atouts d'un État membre au sein du marché unique. Une idée reprise à son compte, mardi 27 mars, par le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn: « Le marché unique joue un rôle clé. Clairement, il est possible de faire plus. Nous présenterons de nouvelles initiatives pour renforcer la gouvernance du marché intérieur et le respect uniforme des règles au niveau national, y compris par le biais de rapports nationaux contenant des recommandations et des données chiffrées ». La Commission présentera également au printemps un Livre vert sur le financement de l'économie réelle (EUROPE n°10579).

Interrogé par Liêm Hoang-Ngoc (S&D, français), M. Gurría a par contre jugé « difficile », voire impossible, de séparer les dépenses d'investissement et de fonctionnement dans un budget national. « C'est un mirage », a-t-il considéré. Dans le cadre de la révision du Pacte de stabilité et de croissance, la gauche européenne a plaidé pour une prise en compte différenciée des dépenses publiques afin de ne pas pénaliser l'investissement générateur de croissance à moyen et long termes. (MB)

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