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Bulletin Quotidien Europe N° 10583
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) euro

Pare-feu financier, pression maximale sur l'Allemagne

Bruxelles, 27/03/2012 (Agence Europe) - L'Allemagne fait face aux appels incessants de ses partenaires européens et internationaux pour qu'elle accepte une augmentation de la taille du pare-feu financier mis en place pour empêcher la contagion de la crise de la dette souveraine, à deux jours de l'Eurogroupe informel appelé à prendre une décision définitive sur ce point (Copenhague, vendredi 30 mars). Derniers en date, le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn et le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurría ont plaidé, mardi 27 mars, pour une augmentation « convaincante » de la force de frappe des Européens, afin notamment de convaincre leurs partenaires d'accroître leur contribution aux ressources du FMI.

« Nous avons déjà franchi des étapes décisives vers un pare-feu permanent et plus fort afin d'empêcher la contagion et de calmer l'instabilité des marchés. (…) Une nouvelle augmentation sera décidée vendredi, ce qui nous permettra d'écarter les inquiétudes subsistantes », a déclaré M. Rehn. Il s'est dit confiant que l'Eurogroupe sera en mesure de parvenir à un accord « convaincant », sans toutefois quantifier le niveau de pare-feu qu'il juge approprié. Dans une note sur les différentes possibilités d'augmenter la taille du pare-feu européen, la Commission privilégie la superposition de l'actuel Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui dispose de 440 milliards d'euros et vient en aide à trois États membres (Irlande, Portugal, Grèce), et du Mécanisme européen de stabilité qui entrera en vigueur en juillet avec une dotation de 500 milliards d'euros.

M. Gurría a plaidé pour « la mère de tous les pare-feux » qui disposerait d'une force de frappe proche de « 1000 milliards d'euros ». Selon lui, l'objectif consiste à envoyer un message suffisamment éloquent aux marchés afin que ceux-ci ne soient pas tentés de tester sa crédibilité. Le montant de 1000 milliards d'euros tient compte des obligations souveraines arrivant à maturation et de la capacité de l'Eurozone à isoler des pays qui, comme l'Espagne ou l'Italie, subiraient une pression insoutenable des marchés. Il faut aussi le rapprocher des 1000 milliards de liquidités que la BCE a injectées massivement, a indiqué M. Gurría.

Option allemande à 700 milliards d'euros. Consciente du regain de tension sur les marchés né des difficultés budgétaires en Espagne, la chancelière allemande Angela Merkel a évoqué pour la première fois (EUROPE n° 10582), lundi soir, la possibilité d'un fonctionnement « en parallèle » de l'actuel FESF et du MES. Minimaliste, la position de négociation officielle allemande privilégie de combiner les 200 milliards d'euros déjà engagés du FESF et les 500 milliards d'euros prévus du MES, soit une capacité totale d'intervention de 700 milliards d'euros. Selon Mme Merkel, le fonds de sauvetage provisoire continuerait à fonctionner tant que les pays concernés n'auront pas remboursé les emprunts contractés auprès du fonds provisoire. Ensuite, le MES continuerait, seul, à fonctionner. Le Financial Times affirme néanmoins que les autorités allemandes seraient disposées à aller plus loin, notamment en combinant la force de frappe restante de 240 milliards d'euros du FESF et les 500 milliards d'euros du MES. (MB)

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