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Bulletin Quotidien Europe N° 10583
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) citoyennetÉ

Malmström, on ne peut pas imposer d'identité européenne

Bruxelles, 27/03/2012 (Agence Europe) - Les résultats de l'enquête menée par le think tank FutureLab Europe sur la question de l'identité européenne et sur le rôle des citoyens européens dans la construction d'une nouvelle Europe (EUROPE n° 10582) ont été présentés, lundi 26 mars, à la commissaire européenne des Affaires intérieures, Cecilia Malmström. Face au « manque de vision » de l'Europe pour répondre aux défis actuels et futurs, la commissaire a salué la réalisation de telles initiatives, le sondage révélant par ailleurs « des résultats positifs malgré cette période sombre », et a estimé que c'est au tour de « la nouvelle et jeune génération à prendre les rênes de l'UE ».

Si tous les participants se sont accordés sur la nécessité de renforcer l'intégration et la coopération entre les pays européens, le concept même d'identité européenne, et les critères qui la définissent, ont fait l'objet d'un débat controversé. Pour Gareth Harding, directeur de l'École de journalisme du Missouri à Bruxelles, « nous n'avons pas d'idée claire de ce que représente l'UE », les contours de l'UE pouvant être définis tantôt par un ensemble de valeurs ou une histoire commune, tantôt par des frontières géographiques. M. Harding reste sceptique quant à l'idée d'une réelle identité européenne aujourd'hui. « Un jour viendra où nous nous sentirons un peu plus européen et un peu moins anglais ou belge ou italien, mais ce jour n'est pas encore arrivé », a-t-il souligné. Et répondant à la question du passeport européen comme composant fondamental de l'identité européenne, il a ajouté que « la citoyenneté européenne a été davantage construite pour des raisons administratives que par un sentiment d'attachement (…) il y a un côté artificiel dans la construction politique de l'Europe ». Selon la commissaire Malmström, la notion d'identité européenne relève de « la géographie dans une certaine mesure » mais c'est surtout une question « de valeurs, de relations avec nos voisins, d'histoire et de destin communs ». Elle a également insisté sur le fait qu'« on ne peut jamais construire ou imposer une identité », raison pour laquelle elle émet une certaine réserve quant à la promotion 'hyperactive' par les institutions des valeurs et du mode de vie européens.

Le débat sur l'identité européenne a fait place aux questions de légitimité démocratique et de dialogue avec les citoyens européens, deux aspects qui font défauts aujourd'hui en Europe, a estimé FutureLab Europe. Dans un souci de rapprochement des citoyens européens avec les institutions, Mme Malmström a accueilli favorablement les conclusions du rapport de FutureLab Europe proposant la mise en ligne d'une plateforme où les citoyens pourraient partager leurs opinions et leurs suggestions ou la participation à des audiences publiques voire à des rencontres avec les représentants de l'UE. (SD/stagiaire)

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