Bruxelles, 27/03/2012 (Agence Europe) - Le 2ème sommet sur la sécurité nucléaire appelle à agir avec force à l'échelle nationale comme internationale pour anéantir la menace du terrorisme nucléaire.
Deux ans après l'édition de Washington, le 2ème sommet sur la sécurité nucléaire, les 26 et 27 mars à Séoul, qui a réuni les dirigeants de 53 États, dont le président américain Barack Obama, le président chinois Hu Jintao, le président russe Dmitri Medvedev, les Premier ministres français François Fillon et britannique David Cameron, mais aussi les Premiers ministres indien Manmohan Singh et pakistanais Yousaf Raza Gillani, a confirmé l'engagement pris au plus haut niveau à Washington pour la sécurisation des matériaux et des installations nucléaires, et contre le terrorisme nucléaire. « Le terrorisme nucléaire continue d'être une des plus grandes menaces pour la sécurité internationale. Anéantir cette menace nécessite des mesures vigoureuses à l'échelon national et une coopération internationale étant donné son potentiel de conséquences politiques, économiques, sociales et psychologiques », conviennent les 53 États participants, dans une déclaration finale. S'il « [réaffirme leurs] objectifs partagés du désarmement nucléaire, de la non-prolifération nucléaire, et de l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire », le 'communiqué de Séoul' n'évoque pas la nécessité d'« étapes concrètes » vers un monde sans armes nucléaires, comme le soulignait le projet de communiqué.
Des pays participants ne souhaitaient pas que le sommet s'étende aux thèmes de la réduction des armes nucléaires et du désarmement, via des actions concrètes, selon un responsable sud-coréen cité par l'AFP. Les dirigeants des 53 pays insistent toutefois sur « la responsabilité des États, en accord avec leurs obligations nationales et internationales, de maintenir la sécurité de tout le matériel nucléaire, pour empêcher l'acquisition de ces matériels à des fins criminelles par des acteurs non étatiques ». Mais, « ces mesures visant à renforcer la sécurité nucléaire n'entraveront pas les droits des États à développer et utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques », précise la déclaration. Les 53 États participant soulignent cependant le besoin de veiller à la sécurité des stocks d'uranium hautement enrichis et de plutonium, deux substances permettant de fabriquer des armes nucléaires. « Nous encourageons les États qui le peuvent à annoncer volontairement, d'ici 2013, des actions spécifiques pour minimiser l'utilisation d'uranium hautement enrichi et de plutonium », via, par exemple, la conversion de réacteurs fonctionnant avec cette matière en des réacteurs alimentés par de l'uranium appauvri, qui n'entre pas dans la composition d'armes nucléaires.
Dans un paragraphe sur la lutte contre le trafic illicite, le 'communiqué de Séoul' souligne le besoin de développer les capacités nationales pour prévenir, détecter, répondre et poursuivre le trafic illicite nucléaire. Est encouragée à cet égard une « coordination orientée vers l'action » entre les capacités nationales, mais en conformité avec les lois et les règles internationales. Les 53 États promettent de travailler pour améliorer les capacités techniques dans le domaine de l'inspection nationale et de la détection de matières nucléaires et radioactives aux frontières. Notant que plusieurs pays ont adopté des lois sur le contrôle des exportations pour réglementer les transferts nucléaires, le 'communiqué de Séoul' dit encourager l'utilisation de nouveaux outils juridiques, de renseignement et financier pour poursuivre efficacement les infractions. Est également faite la promesse de travailler à renforcer la coopération entre les États pour le partage d'information sur les individus impliqués dans des infractions de trafic de matières nucléaires et radioactives, y compris via Interpol.
Enfin, le 'communiqué de Séoul' réaffirme le « rôle essentiel » de l'AIEA, dans sa facilitation de la coopération internationale et dans son soutien aux efforts des États pour remplir leurs obligations en matière de sécurité nucléaire.
Le 3ème sommet nucléaire se déroulera en 2014 aux Pays-Bas. (EH)