Bruxelles, 23/03/2012 (Agence Europe) - Le Cedefop (Centre européen pour le développement de la formation professionnelle) a publié le 22 mars ses dernières prévisions sur l'offre et la demande de compétences dans l'Union européenne pour 2010-2020. Le Cedefop estime que la demande de compétences ne suit toujours pas l'offre et entraîne par conséquent un risque accru d'inadéquations. En dépit des forts taux de chômage actuels, il existe en outre des signes de pénuries de compétences, surtout dans les secteurs et les professions où les travailleurs doivent posséder des qualifications hautement spécialisées.
Le Cedefop s'attend à 8 millions de nouveaux emplois, et à 75 millions de postes à pourvoir suite aux départs à la retraite, entre 2010 et 2020. Les prévisions montrent par ailleurs que, malgré la persistance de difficultés économiques qui auront des incidences sur le nombre prévu d'offres d'emploi, il faut s'attendre au maintien des tendances dominantes, notamment des emplois demandant des compétences plus poussées et un accroissement des emplois dans le secteur des services. Toutefois, la crise a ralenti la demande immédiate, poussant les gens qualifiés à occuper des emplois pour lesquels ils ont trop de compétences. Lorsqu'elle demeure temporaire, la « suréducation » n'est toutefois pas nécessairement un problème. « Les préoccupations à propos des éventuelles non concordances ne doivent pas décourager les gens à rechercher une formation poussée. Une force de travail hautement qualifiée est l'un des plus importants facteurs - si pas le plus important - pour la compétitivité de l'Europe », a déclaré le directeur du Cedefop, Christian Lettmayr.
Voici les tendances générales relevées par le Cedefop pour 2010-2020: 1) la plupart des offres d'emploi continueront d'émaner de professions exigeant des qualifications de niveau moyen, qui continueront d'employer environ 50% des actifs en Europe ; 2) la plus grande part de la croissance de l'emploi jusqu'en 2020 émanera des services, notamment du tourisme, des soins de santé et des technologies de l'information, bien que le rythme de cette croissance devrait connaître un léger ralentissement ; 3) les types et les niveaux de qualifications de la population active varient entre les États membres et on n'observe que peu de signes de convergence ; 4) la proportion d'individus hautement qualifiés devrait augmenter pour dépasser le tiers de la population active alors que les personnes moyennement qualifiées continueront de représenter environ la moitié des actifs; 5) la mobilité professionnelle n'a aucun impact négatif (en termes de « fuite des cerveaux »). Toutefois, la plupart des Européens préfèrent ne pas chercher un emploi dans un autre État membre ou un pays tiers, même s'il a les qualifications requises ; 6) les employeurs déplorent des pénuries liées à un trop petit nombre d'étudiants en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques ainsi que dans toutes les professions spécifiques. En conclusion, le Cedefop note que malgré des difficultés persistantes, l'UE est en bonne voie pour atteindre ses objectifs d'élévation des niveaux de qualifications de ses forces de travail, ce qui est une bonne nouvelle pour la reprise économique. Toutefois, « des efforts supplémentaires sont nécessaires pour réduire les inadéquations et pour garantir que l'Europe tire le meilleur parti possible de ses forces de travail, qui sont les plus hautement qualifiées et les plus talentueuses de son histoire ». (IL)