Bruxelles, 23/03/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, et les deux co-présidents de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE ont « fermement condamné », vendredi 23 mars, le coup d'État militaire du 22 mars au Mali et, sans tarder, la Commission européenne a suspendu, jusqu'à nouvel ordre, la coopération au développement avec ce pays du groupe ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique), comme l'y a invite le Conseil de l'UE (au titre de l'article 96 de l'accord de Cotonou).
« J'ai décidé de suspendre temporairement les opérations de développement menées par la Commission dans le pays jusqu'à ce que la situation se clarifie. Cette décision n'affectera pas l'aide humanitaire », a déclaré Andris Piebalgs, le commissaire au Développement. Réitérant l'appel de la Haute représentante de l'UE à la résolution rapide de la crise, au rétablissement de l'ordre constitutionnel et à la tenue d'élection démocratique dès que possible (EUROPE n°10580), le commissaire a ajouté: « Ces dernières années, le Mali a fait des progrès constants en termes de développement, un acquis qui ne peut être préservé que dans un environnement stable et démocratique. Face à la détérioration de la sécurité au nord du Mali et à la crise alimentaire qui menace dans la région, je presse toutes les parties de garantir la protection des civils et de respecter la vie humaine ». Rappelons que pour la période 2008-2013, 583 millions d'euros ont été programmés pour le Mali au titre du dixième FED.
Dans des conclusions unanimes le Conseil dit sa « profonde préoccupation face à la détérioration de la sécurité » au Sahel et invite la Haute représentante de l'UE à accélérer la mise en œuvre de la stratégie holistique de l'UE pour la région du Sahel. Il appelle à un arrêt immédiat des violences au Mali et à la libération de tous les représentants de l'État, à la protection des civils et à la restauration du gouvernement civil et constitutionnel, ainsi qu'à la tenue d'élections démocratiques telles qu'elles étaient prévues (le premier tour des présidentielles était prévu le 29 avril, suivi d'un référendum constitutionnel et de législatives). Il souligne une nouvelle fois l'importance du respect de l'intégrité territoriale du Mali et réitère son appel à un cessez-le- feu immédiat dans le nord du pays ainsi qu'à un dialogue inclusif que l'UE est prête à soutenir. Louis Michel et Musikari Kombo, les coprésidents l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE appellent conjointement « la communauté internationale à garantir que la démocratie soit pleinement respectée au Mali et qu'un gouvernement élu assume la responsabilité de l'avenir du pays ».
La Cedeao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), l'Union africaine, l'ONU, l'OIF, l'OCI, et la FIDH on tous condamné le putsch que ses auteurs motivent par « l'incapacité du régime du président Amadou Toumani Touré à gérer la crise au nord » du Mali. (AN)