Bruxelles, 23/03/2012 (Agence Europe) - L'Europe ne pourrait pas faire face à la crise de la dette souveraine si elle n'était pas pilotée au niveau des chefs d'État et de gouvernement et l'Europe ne regagnera le soutien des peuples européens qu'à condition de les protéger des effets néfastes de la mondialisation, a estimé le président français sortant Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting de campagne présidentielle jeudi 22 mars à Strasbourg. « La crise a bousculé l'Europe et l'Europe en avait besoin. (…)Aucune autre institution européenne n'aurait pu faire face à la crise que celle du Conseil des chefs d'État et de gouvernement », a-t-il estimé. Et d'ajouter: « Pour faire avancer ses idées, la France n'a pas d'autre levier que l'Europe, et pour que l'Europe devienne un levier du changement, l'Europe doit changer ». Changer, cela veut dire retrouver ses valeurs fondamentales et être capable de protéger. Sinon, les peuples la rejetteront. « L'Europe ne peut pas être le seul ensemble politique au monde à ignorer qu'il a des frontières, à refuser de contrôler son immigration, à n'avoir aucune politique commerciale crédible, à ouvrir sans contrepartie ses marchés publics, à mettre en œuvre une politique de concurrence qui met ses entreprises à la merci de tous les prédateurs du monde », a souligné M Sarkozy. Selon lui, l'Europe ne doit plus importer des produits agricoles de pays tiers qui ne respectent pas les règles imposées à ses propres agriculteurs (traçabilité, normes environnementales).
Le président français a distingué trois niveaux d'intégration européenne: - l'Europe de l'euro qui doit s'intégrer davantage ; - l'Europe de Schengen pour laquelle il faut faire ce qui a été fait pour l'Eurozone: convergence du droit des étrangers et des politiques migratoires, mise en place d'un gouvernement et d'une présidence stables ; - l'Europe à 27, bientôt 28 et plus, qui peut s'autoriser davantage de souplesse. « Au cœur de cette Europe à trois dimensions, commence à s'organiser un noyau dur où la convergence est la règle. Car, quand on partage la même monnaie, on ne peut pas avoir de politiques qui divergent. Et au cœur de ce noyau dur la France et l'Allemagne », a-t-il ajouté, en voyant dans la convergence des modèles français et allemand l'émergence d'« un pôle de stabilité » en Europe. (MB)