Bruxelles, 22/03/2012 (Agence Europe) - Près de trois quarts des Européens pensent que l'Union européenne devrait proposer des mesures supplémentaires afin de traiter les problèmes liés à l'eau en Europe et ils sont 68 % à juger que les problèmes liés à l'eau sont graves tant pour ce qui concerne la qualité des eaux que leur quantité, selon une enquête Eurobaromètre publiée jeudi 22 mars - Journée mondiale de l'eau. De quoi donner à la Commission un chèque en blanc pour un niveau d'ambition élevé du nouveau programme pour l'eau qu'elle prépare. Janez Potocnik, commissaire à l'Environnement s'en réjouit.
« L'Union européenne travaille depuis des années pour améliorer la qualité de l'eau, et nous avons des résultats qui le prouvent: la qualité de l'eau potable et des eaux de baignade est bien meilleure qu'elle ne l'était, et un nombre bien plus important de villes ont mis en place un système approprié de traitement de leurs eaux usées. Des espèces comme le saumon ont refait leur apparition dans un certain nombre de cours d'eau européens d'où elles avaient disparu. Toutefois, les sécheresses et les inondations sont de plus en plus fréquentes, et les eaux européennes sont soumises à une pression croissante due notamment à la pollution et au changement climatique. Les citoyens en prennent conscience et ils demandent à l'UE de réagir », déclare-t-il dans un communiqué.
Réalisé dans les 27 États membres de l'UE entre le 5 et le 7 mars 2012 auprès d'un échantillon représentatif de 25 524 personnes, le sondage Eurobaromètre révèle que les sécheresses, les inondations et la pollution chimique sont considérées comme d'importants défis à relever. Les sécheresses préoccupent davantage les habitants des pays méditerranéens. Ainsi, les Portugais (96 %), les Espagnols (95 %) et les Italiens (94 %) qualifient ce problème de grave. Les inondations sont considérées par une grande majorité d'Européens (79 %) comme un problème grave, et la question est vivement préoccupante pour une écrasante majorité de citoyens roumains (96 %), bulgares (94 %), et polonais (94 %).
23% des Européens pensent que la qualité de l'eau s'est améliorée, 25% pensent qu'elle est restée la même au cours des dix dernières années, tandis que 44 % sont d'avis qu'elle s'est détériorée. La pollution chimique est citée par une majorité (84 %) comme la principale menace pour les ressources hydriques, suivie par le changement climatique (55 %) et les changements dans les écosystèmes aquatiques (49 %).
62 % des citoyens estiment qu'ils ne sont pas suffisamment bien informés, tandis que 67 % pensent que sensibiliser le public aux problèmes liés à l'eau serait le moyen le plus efficace de réduire ces problèmes. Les Européens sont également favorables à des amendes plus élevées pour les pollueurs, à une politique de tarification de l'eau plus équitable ou à des incitations financières (exonérations fiscales ou subventions). Dans cette perspective, 73 % des citoyens souhaiteraient que davantage de mesures soient adoptées au niveau de l'UE pour réduire les problèmes liés à l'eau.
Les résultats de l'enquête Eurobaromètre seront pris en considération par la Commission dans le
« programme relatif à la sauvegarde des ressources hydriques de l'Europe » attendu pour novembre 2012. Ce programme recensera les lacunes actuelles et les priorités futures et proposera des mesures visant à orienter l'élaboration de la politique dans le domaine de l'eau jusqu'en 2020. Il sera fondé sur une analyse intégrant la modélisation économique et climatique pour la période allant jusqu'en 2050. (AN)
Pour consulter l'enquête Eurobaromètre http://ec.europa.eu/public_opinion/index_fr.htm