Bruxelles, 22/03/2012 (Agence Europe) - Il y a en Hongrie, à la tête des médias comme de la justice, « trop de pouvoirs » concentrés en de mêmes organisations, voire de mêmes personnes et souvent sans contre-pouvoirs, a indiqué mercredi 21 mars le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjoern Jagland, à l'occasion d'une visite à Budapest, relate l'AFP. Or, « on ne peut pas tout se permettre, même avec une majorité des deux tiers », a-t-il affirmé.
Le 19 mars, la commission de Venise, organe du Conseil de l'Europe, avait publié deux opinions sur l'indépendance de la justice, mise à mal en Hongrie selon elle, ainsi que sur la loi sur l'organisation des cultes et le statut juridique des églises. Le 21 mars, les experts du Conseil de l'Europe ont publié leurs remarques préliminaires sur la loi sur les médias, entrée en vigueur au début janvier 2011 et qui avait suscité une passe d'arme entre Budapest et la Commission européenne. Mi- janvier, la Commission avait encore demandé au gouvernement de Viktor Orban de fournir des garanties supplémentaires sur le pluralisme des médias et la liberté d'expression. Le gouvernement s'était alors engagé à soumettre sa loi au Conseil de l'Europe et assuré qu'il tiendrait compte de toutes ses remarques.
Le Conseil de l'Europe estime que le cadre juridique mis en place ne garantit pas l'indépendance des médias face au pouvoir politique. Il trouve que le Conseil des médias dispose de trop de compétences, pouvant s'étendre, outre l'audiovisuel, à la presse écrite. Ce Conseil devrait être irréprochable en termes d'indépendance vis à vis du politique, disent les experts. Ils notent pourtant des problèmes avec les procédures (jugées non transparentes) de nomination des membres et du 'chef' de ce Conseil des médias, ce dernier étant nommé à la discrétion du Premier ministre. Les experts s'inquiètent de certaines sanctions sévères que peut prendre ce Conseil à l'adresse de médias qui violeraient la loi sur les médias, avec des amendes pouvant aller jusqu'à 680 000 euros (problème de « proportionnalité »). Le vice-premier ministre Tibor Navracsis a indiqué mercredi à M. Jagland que son gouvernement allait à nouveau modifier sa loi sur les médias, ce qu'il avait déjà fait une première fois en mars 2011 à la demande de la Commission européenne. (SP)