Bruxelles, 14/03/2012 (Agence Europe) - Les députés européens ont débattu avec virulence, mercredi 14 mars, de la situation en Russie après les élections présidentielles du 4 mars. Ils se sont interrogés sur la politique que doit mener l'UE envers la Russie, sans avoir de ligne commune.
En amont du débat, le ministre des Affaires étrangères danois, Villy Sovndal, au nom de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, a souligné qu'il y a un « consensus au sein de l'UE pour dire que nous devons être en contact avec la Russie, avec un œil critique certes, mais aussi constructif. On ne peut pas relever les principaux défis mondiaux sans elle ». Et de préciser « qu'il ne faut pas moins de dialogue mais plus de dialogue pour permettre aux Russes d'arriver où nous souhaitons qu'ils arrivent ». « L'UE se réjouit de travailler sur un agenda commun de modernisation politique et économique », a-t-il ajouté.
Rappelant que les élections n'ont pas été « libres et équitables », Hannes Swoboda (S&D, autrichien), dont une résolution sur la Russie est votée ce 15 mars, a précisé que l'UE devrait « saisir la chance qui existe en Russie. (…) Il faut demander que soit décidé un paquet de réformes. (…) Poutine en tant que nouveau président doit présenter des réformes, faire progresser la Russie pour la démocratisation. (…) La modernisation sans démocratisation ne peut pas fonctionner ». M. Swoboda souhaite aussi que le Parlement aide l'opposition à travailler. Son collègue allemand Werner Schulz, au nom des Verts/ALE a expliqué que « l'opposition doit veiller à ce que les manifestations ne soient pas un simple rite. Le changement doit être voulu par la société civile mais peut être soutenu par l'UE. Il faut accélérer l'équilibre politique ».
Pour le député PPE José Ignacio Salafranca (Espagne), l'UE doit « faire en sorte que les choses changent, dialoguer avec les opposants. Nous devons tous nous mobiliser, utiliser notre capacité d'influence pour faire en sorte que les libertés fondamentales soient rapidement une réalité répandue pour tous ». Pour Helmut Scholz (GUE/NGL, allemand), « nous devrions nous féliciter du changement en Russie, soutenir la population civile (…) Il y a des changements dans la société russe, des changements pour remplacer la démocratie à la Poutine sont en train d'être débattus ». « La nouvelle présidence a la chance de passer à plus de démocratie (…) nous devons laisser cette chance à la Russie, nous ne devons pas toujours la montrer du doigt », a ajouté le non inscrit Andreas Mölzer.
De son coté, Niki Tzavela (EFD, grecque) a appelé à une plus forte coopération avec la Russie. « Si nous voulons être efficaces dans notre rapport avec la Russie, si nous voulons coopérer avec elle, nous devons étudier les méthodes et adopter de nouvelles approches. (…) Nous devons promouvoir une coopération et un rapprochement avec elle », a expliqué la députée.
Mais pour Kristiina Ojuland (ADLE, estonienne), « il est difficile de voir comment les affaires peuvent être faites comme d'habitude avec une Russie qui ne prend pas la démocratie ou la primauté du droit au sérieux ». Selon elle, les élections n'ont été ni libres ni justes. « Quelles sont les conséquences ? Est-ce que le président et la Douma son légitimes ? Comment les considérer comme des partenaires de l'UE et de la communauté internationale ? », a-t-elle demandé. (CG)