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Bulletin Quotidien Europe N° 10574
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) islande

Le PE pour l'ouverture de l'épineux dossier « pêche »

Bruxelles, 14/03/2012 (Agence Europe) - Les députés européens ont demandé à l'Islande et à l'Union européenne, mercredi 14 mars, d'aborder le chapitre des négociations sur la pêche « de façon constructive afin de parvenir à une solution satisfaisante pour les deux parties pour la gestion et l'exploitation durables des ressources halieutiques ». Dans une résolution de Cristian Dan Preda (PPE, roumain) sur le rapport de suivi de l'Islande 2011, adoptée à une très large majorité (596 pour, 52 contre et 35 abstentions), ils encouragent Reykjavik et les autres États côtiers à poursuivre les négociations pour parvenir au règlement du différend sur le maquereau. Les eurodéputés encouragent l'Islande à poursuivre ses efforts sur le secteur financier et économique.

Le Parlement se félicite de l'ambition de l'Islande d'ouvrir tous les chapitres de négociation sous présidence danoise. Mais il souligne la nécessité de satisfaire les critères de référence à l'ouverture des chapitres sur l'agriculture et le développement rural, la politique régionale et la coordination des instruments structurels. Il salue l'ouverture de six chapitres et de la fermeture temporaire de quatre d'entre eux. Les députés demandent à Reykjavik de se préparer « plus activement » à s'aligner sur l'acquis législatif de l'Union.

Les eurodéputés font également part de leurs inquiétudes sur des divisions politiques au sein du gouvernement concernant l'adhésion à l'UE et encouragent l'adoption de stratégies globales pour l'adhésion.

Le prochain défi: les négociations sur la pêche

L'Islande, qui appartient à Schengen et à l'Espace économique européen, a ouvert les négociations d'adhésion à partir d'un point de départ plus avancé que d'autres pays, a constaté au nom du Conseil Nicolas Wammen. En outre, elle peut compter sur une administration et sur une équipe de négociation très motivées ; la présidence danoise est donc bien décidée à pousser les négociations au maximum mais en restant fidèle à son « approche basée sur le mérite… il ne doit y avoir de raccourci pour aucun pays ». Sur le plan économique, des décisions difficiles ont permis de sortir le pays du choc financier de 2008 et 2009 à travers des réformes structurelles et sociales. Huit chapitres de négociation sont provisoirement fermés, et la conférence au niveau des suppléants du 30 mars devrait permettre d'en ouvrir encore trois (concurrence, énergie, politique extérieure), en préparant le terrain pour la conférence ministérielle de juin. Le dossier qui présente le plus grand défi, celui de la pêche, devrait être ouvert autour de Pâques.

Même optimisme du côté de la Commission. Stefan Füle: le progrès des négociations confirme l'état de préparation de l'Islande et la valeur de la méthodologie adoptée pour le processus d'adhésion. En outre, l'Islande transpose la législation européenne nettement mieux que beaucoup de pays membres, a précisé M. Füle. L'Islande a été une des premières victimes de la crise financière, mais a réagi de façon exemplaire et escompte une croissance de 3% en 2012. L'ouverture d'un centre d'information européen à Reykjavik va contribuer à la sensibilisation des citoyens et les sondages montrent que la majorité de la population est favorable à la poursuite des négociations et attend de pouvoir se prononcer sur leur conclusion par voie de référendum. L'année 2012, confirme M. Füle, sera cruciale pour le dossier délicat de la pêche.

Christian Dan Preda, rapporteur du Parlement, s'exprimant au nom du PPE, s'est félicité de la récente intervention du Premier ministre islandais, qui a clairement dit qu'il est faux de présenter l'adhésion de son pays à l'Union comme l'abandon de sa souveraineté nationale.

Tous les orateurs ont souligné l'ancienne tradition démocratique de l'Islande, notamment le Suédois Göran Färm, pour le groupe S&D, convaincu que l'adhésion de ce pays ne représentera pas une charge budgétaire pour l'Union. Ce pays offre un bon modèle de développement durable et les problèmes qui subsistent, comme celui de la pêche à la baleine, doivent pouvoir être résolus par la négociation. De son côté, le Néerlandais Johannes Van Baalen (groupe ADLE) souhaite que l'économie islandaise s'ouvre davantage aux investissements étrangers. Les Islandais devront être moins intransigeants en ce qui concerne la pêche au maquereau, selon plusieurs orateurs, notamment le porte-parole des Verts/ALE, l'Estonien Indrek Tarand (qui se félicite en passant de la présence de cinq femmes au sein du gouvernement islandais). Le Britannique Charles Tannock, pour le CRE, a dit, quant à lui, sa satisfaction de voir que la Cour suprême islandaise a reconnu l'obligation de verser des compensations pour les dépôts d'épargnants étrangers en Islande (des remboursements ont déjà été réalisés). L'Allemand Helmut Scholz (GUE/gauche nordique) se demande quant à lui si l'Islande a vraiment intérêt à entrer dans l'Union: à son avis elle risque de devoir édulcorer sa politique en ce qui concerne les énergies renouvelables. (CG/LG)

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