login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10574
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) arym

le PE réitère son appel au démarrage des négociations d'adhésion

Bruxelles, 14/03/2012 (Agence Europe) - Les députés européens ont réitéré, mercredi 14 mars, leur appel au Conseil pour qu'il fixe, « dans les plus brefs délais », une date pour le début des négociations avec l'ancienne république yougoslave de Macédoine (ARYM). Dans une résolution de Richard Howitt (S&D, britannique) sur le rapport de suivi 2011 de l'ARYM adoptée à une très grande majorité (582 pour, 70 contre et 34 abstentions), le Parlement souligne « le respect continu des critères politiques » par le pays et déplore que le Conseil n'ait pas décidé d'ouvrir les négociations d'adhésion. Regrettant que le différent sur le nom du pays bloque les progrès de celui-ci vers l'UE, ils appellent l'ARYM et la Grèce à intensifier leur dialogue pour trouver une solution.

Les eurodéputés soulignent l'importance de l'« élection d'un nouveau parlement et la formation rapide du gouvernement de coalition » et ils demandent un renforcement du dialogue politique. Ils invitent aussi l'ARYM à continuer ses réformes pour « garantir un système judiciaire efficace, transparent et indépendant », et une administration « professionnelle, impartiale et compétente ». Les élus demandent plus d'efforts en matière de lutte contre la corruption.

La résolution appelle également Skopje à « poursuivre ses efforts pour renforcer les politiques de lutte contre les discriminations », et à faire preuve « d'un engagement absolu en faveur du pluralisme et des libertés dans les médias ».

Le débat est dominé par la question du nom

Un jour avant l'ouverture du dialogue à haut niveau sur l'adhésion de l'ARYM, à Skopje, le ministre danois des affaires étrangères Nicolas Wammen, a souligné les progrès réalisés en ce qui concerne l'administration, le secteur judiciaire, le processus électoral, la coopération régionale et le traitement des minorités. Mais l'intégration des Roms reste insuffisante (et leur situation économique difficile), la libre expression se heurte à des limites (fermeture d'une chaîne de télévision critique vis-à-vis du gouvernement) et la lutte contre la corruption doit être renforcée par des mesures institutionnelles. Reste enfin la question du nom, qui doit être réglée par une solution acceptable pour tous.

Le dialogue à haut niveau ne se substitue pas à des négociations d'adhésion, a rappelé Stefan Füle au nom de la Commission européenne, mais des négociations ne pourront s'ouvrir que lorsque tous les critères seront remplis et que la question du nom qui oppose ARYM et Grèce sera résolue. Les Nations unies ont un mandat dans ce domaine, la Commission européenne ne pourrait intervenir que si les deux parties le demandent expressément, a précisé le commissaire. Comment la question du nom peut-elle bloquer des négociations qui renforceraient la stabilité de tous les Balkans orientaux, s'est interrogé l'Allemand Elmar Brok (PPE). Ce nom n'avait jamais gêné lorsque ce pays faisait partie de la Yougoslavie, pourquoi s'éterniser dans une querelle qui discrédite tout le processus d'élargissement, a renchéri le Hongrois George Schöpflin (PPE). Et, pour les Verts/ALE, la Néerlandaise Marije Cornelissen s'est exprimée en faveur d'une solution reposant sur une définition géographique du nom: peut-être un jour, a-t-elle dit, au lieu de parler de « ce pays », comme on l'a fait dans ce débat, pourra-t-on parler de « la Macédoine du Nord, un pays où les habitants pourront librement parler le macédonien ». Prévisiblement, la plupart des élus grecs n'ont pas été aussi ouverts sur la question du nom, notamment le porte-parole du groupe GUE/gauche nordique, Nikolaus Chountis, qui estime que le pays doit pouvoir entrer dans l'Union si la population le souhaite mais que le problème du nom reste un obstacle majeur, idem pour Nikolai Salavrakos, pour le groupe EFD. Le nom ARYM est plutôt malheureux, selon le socialiste irlandais Alan Kelly: « Je n'aimerais pas beaucoup », a-t-il dit, « qu'on parle de mon pays comme de l'ancienne république de Grande-Bretagne ... ».

En s'exprimant en son nom personnel sur cette question, Stefan Füle a affirmé: une des leçons que l'on peut tirer du passé de l'Europe est que, pour un pays, la meilleure façon de servir ses citoyens est de se soucier de ses voisins, et d'essayer de les comprendre et de se faire comprendre, tout en respectant l'existence de l'identité et des racines de chacun.

Le rapporteur du Parlement, le Britannique Richard Howitt, parlant aussi au nom du groupe S&D, a défendu la vocation européenne de l'ARYM, qui a été capable de normaliser ses relations avec ses voisins et qui doit être en mesure d'accepter des « critiques robustes mais amicales » de la part de l'Union. En ce qui concerne le nom, il n'y a pas d'alternative à une solution négociée acceptable pour tous. M. Howitt regrette que l'on veuille retirer de la résolution les félicitations à l'ARYM pour son succès dans le championnat de basket. Pour le Slovaque Eduard Kukan (PPE), le pays doit se concentrer sur des améliorations à la liberté d'expression et sur la lutte contre la corruption. Réforme du code pénal, indépendance de la justice, voici les domaines où il faut agir prioritairement selon la Roumaine Norica Nicolai, qui a manifesté une certaine frustration face à la lenteur des progrès dans les relations avec l'ARYM, en se demandant si cela ne reflète pas des réticences sur le processus d'élargissement en général. (CG/LG)

Sommaire

PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ÉCONOMIE - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL