Bruxelles, 05/03/2011 (Agence Europe) - Pour surmonter la pénurie des matières premières, vitales pour l'industrie européenne de haute technologie, la Commission a indiqué, fin février, qu'elle misait sur un partenariat d'innovation, basé sur la mutualisation des capitaux et des ressources humaines des États membres, des entreprises et des chercheurs afin de soutenir la prospection, l'extraction et la transformation des matières premières.
Pour l'exécutif européen, l'innovation a un rôle primordial à jouer pour aider l'Europe à relever le défi des matières premières. Le commandement à distance des opérations, l'automatisation dans les mines souterraines, ou l'utilisation innovante de la biolixiviation sont autant d'exemples qui peuvent en attester dans le secteur des mines. Les nouvelles techniques de recyclage, les meilleures pratiques de collecte et traitement des déchets peuvent quant à elles améliorer l'efficacité et la qualité du recyclage des matières premières. Ces nouvelles pratiques exigent des efforts ciblés en matière de R&D et d'innovation, des technologies novatrices et des approches pluridisciplinaires pour combler les lacunes dans les connaissances.
Pour accélérer ce processus, la Commission propose des objectifs concrets à atteindre d'ici à 2020 au plus tard, dans le cadre d'un partenariat entre États membres, entreprises et chercheurs. Elle propose de mettre sur pied jusqu'à dix actions pilotes innovantes (des usines de démonstration, par exemple) pour la prospection, l'extraction, la transformation, la collecte et le recyclage. Est également proposée l'élaboration de produits de substitution pour au moins trois applications clefs des matières premières critiques et rares. La Commission propose aussi d'améliorer l'efficacité dans l'utilisation des matériaux et dans la prévention, la réutilisation et le recyclage des matières premières de valeur provenant des flux de déchets, l'idée étant de se concentrer sur les matériaux qui ont une incidence potentiellement négative sur l'environnement. L'exécutif européen suggère aussi la mise en place d'un réseau de centres de recherche, d'éducation et de formation sur la gestion durable de l'exploitation minière et des matériaux (M³), d'instruments statistiques européens normalisés aux fins des enquêtes sur l'état des ressources et de leurs réserves (dont une carte géologique 3D). Est également suggérée l'adoption d'un système de modélisation dynamique mettant en regard l'évolution de l'offre et de la demande, ainsi que l'application d'une analyse du cycle de vie complet. Enfin, la Commission table sur l'adoption d'une stratégie volontariste de l'UE dans les organisations multilatérales et dans ses relations bilatérales, notamment avec l'Australie, les États-Unis et le Japon.
Pour la Commission, un tel partenariat apporterait à l'UE la souplesse nécessaire et des solutions de remplacement nécessaires pour son approvisionnement en matières premières vitales, tout en tenant compte de la nécessité d'atténuer les effets négatifs sur l'environnement de certains matériaux au cours de leur cycle de vie. L'objectif étant de faire de l'UE le leader mondial en termes de capacités de prospection, d'extraction, de transformation, de recyclage et de substitution d'ici 2020. Un plan stratégique de mise en œuvre du partenariat devra être défini d'ici début 2013. (EH)