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Bulletin Quotidien Europe N° 10567
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) femmes

Reding consulte le grand public sur les quotas

Bruxelles, 05/03/2012 (Agence Europe) - Pas vraiment pour les quotas de femmes dans les conseils d'administration, mais pas vraiment contre non plus, Viviane Reding s'en remet à une consultation publique avant de trancher. Plutôt déçue par les résultats obtenus suite à son défi lancé aux sociétés cotées en bourse de s'autoréguler en s'engageant à intégrer 40 % de femmes d'ici 2020 dans leur conseil d'administration, la commissaire européenne chargée des droits fondamentaux entend bien « pousser la société pour qu'elle bouge », a-t-elle déclaré en conférence de presse, lundi 5 mars, à l'occasion de la publication d'un rapport de la Commission européenne sur la présence des femmes dans les instances de décision économiques dans l'UE.

Maigres avancées pour la parité. Le rapport rappelle que le décalage est encore énorme entre les hommes et les femmes dans les postes à hautes responsabilités et que les progrès sont très lents. Seulement un membre sur sept (13,7%) serait une femme dans les conseils d'administration des plus grandes entreprises européennes, alors même que l'impact positif de la présence féminine à haut niveau est avéré sur les gains des entreprises, et par les entreprises elles-mêmes ! L'invitation faite, il y a un an, aux grandes entreprises de s'autoréguler n'ayant pas été payante, la commissaire européenne perd patience et rappelle que le programme de travail de la Commission européenne pour 2012 prévoit une initiative législative pour l'amélioration de l'équilibre entre hommes et femmes dans les sociétés cotées en bourse.

Consultation de la société. La forme que pourrait prendre cette proposition législative, Mme Reding elle-même l'ignore encore. Elle veut forger son avis sur base de la contribution de la société civile, et ouvre donc une consultation publique à ce sujet jusqu'au 28 mai prochain, avant de tabler sur des quotas ou non, applicables à quels types de sociétés, accompagnés de quels types de sanctions, etc... À ce stade, un Eurobaromètre récent indiquait que 88% des citoyens européens n'avaient pas d'objections quant à l'égalité dans les postes de direction, et que 75% étaient en faveur d'une législation en la matière. Le Parlement, de son côté, a déjà clairement fait connaître sa faveur pour des quotas ; par contre, au sein du Conseil, les 27 sont plus partagés. « Il y a une minorité d'États membres qui sont pour les quotas, une minorité qui est contre, et puis tous ceux qui sont entre les deux et attendent de voir. Je vais devoir manœuvrer dans ces eaux-là », dit Mme Redding, tout en admettant que « personnellement, je ne suis pas très favorable aux quotas, mais j'apprécie les résultats qu'ils engendrent ». Elle insiste pour une approche européenne commune car « des entreprises exerçant des activités transfrontalières peuvent être tenues de se conformer à différentes législations nationales en matière de quotas, si elles souhaitent participer à des appels d'offres dans le domaine des travaux publics », fait valoir la commissaire. Ses propositions législatives devraient donc être dévoilées dans la seconde partie de l'année.

Premières réactions. D'aucuns ne manqueront pas de remarquer le peu de figures féminines à la tête de l'UE: « Les institutions européennes devraient donner l'exemple plutôt que de confirmer un stéréotype », interpelle l'eurodéputé Olle Schmidt (ADLE, suédois), tout en invitant les ministres européens des Finances, qui se prononceront mardi 6 mars sur le remplacement d'un membre masculin du Conseil exécutif de la Banque centrale européenne, à élire une femme. Le lobby européen des femmes n'est quant à lui pas étonné par le rapport publié aujourd'hui: « Les chiffres révélés confirment ce que nous savions déjà, le progrès vers une égalité des genres dans le conseil d'administration est lent (…) De ce fait nous pensons qu'il n'y a qu'une option: la Commission doit saisir ce moment et proposer des mesures contraignantes au niveau européen », a réagi Cécile Gréboval, la secrétaire générale de l'ONG. (MD)

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