Bruxelles, 05/03/2012 (Agence Europe) - L'Union européenne a pris note, lundi 5 mars, de l'élection avec 64 % des voix aux présidentielles russes de Vladimir Poutine, sans pour autant le féliciter et alors qu'un rapport de l'OSCE fait état de nombreuses irrégularités.
« L'Union européenne prend note des résultats préliminaires », a souligné Maja Kocijancic , la porte-parole de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, précisant que l'Union partage l'évaluation de l'OSCE qui a identifié certains points noirs dans la préparation et la tenue des élections. Mme Kocijancic a appelé la Russie à « résoudre ces points difficiles » « Il y a un nouveau gouvernement russe, nous souhaitons soutenir la Russie dans les reformes entamées, économiques et politiques indispensables pour la modernisation du pays. L'UE a confiance en ce que le président russe est prêt à le faire en toute ouverture et transparence avec la population », a-t-elle ajouté.
De son côté, Pia Ahrenkilde Hansen, la porte-parole du président de la Commission, a précisé que « quand il y aura quelque chose à communiquer, nous le ferons. Nous attendons un rapport plus complet (de l'OSCE - NdlR). Nous allons procéder par étape. Le président choisira son moment et la forme de ses félicitations », en réponse à un journaliste étonné du silence de M. Barroso.
Prenant note des conclusions des observateurs internationaux, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a souligné qu'il craignait que « le processus électoral n'ait pas été équitable, notamment en ce qui concerne un choix limité de candidats et des irrégularités dans la procédure ». « J'attends que les autorités enquêtent rapidement sur ces irrégularités », a-t-il ajouté. M. Schulz a précisé que le Partenariat stratégique UE/Russie « devrait être fondé sur le respect des valeurs comme la démocratie, la primauté du droit et la liberté d'expression ».
Prudence des États membres
Le ministère des Affaires étrangères britannique a souligné qu'il attend avec « intérêt » le rapport préliminaire de la mission d'observation de l'OSCE. « Nous sommes convaincus de l'importance d'élections démocratiques en Russie, comme partout ailleurs dans le monde », a expliqué son porte-parole, rappelant qu'en tant que membre du Conseil de l'Europe, « la Russie se doit d'appliquer les principes et règles clés de la démocratie ».
La chancelière allemande devait elle, appeler lundi midi M. Poutine « pour lui souhaiter du succès dans son prochain mandat, du succès avant tout dans les défis que la Russie doit relever », a souligné le porte-parole du gouvernement.
Le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, a estimé que « globalement malgré (les) critiques » la victoire au premier tour de M. Poutine n'était pas en cause et que le président Poutine est l'« interlocuteur » de la France « pour les années à venir ». (CG)