Bruxelles, 02/03/2012 (Agence Europe)- Le Conseil européen a décidé, jeudi 2 mars, d'octroyer à la Serbie le statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne, suivant ainsi la recommandation du Conseil des Affaires générales du 28 février. Dans ses conclusions, le Conseil européen souligne que « la Serbie a continué à montrer un engagement crédible et a accompli de nouveaux progrès dans la mise en œuvre des accords atteints dans le cadre du dialogue avec le Kosovo, y compris dans la gestion intégrée des frontières ». Les dirigeants ont aussi « noté » l'accord sur la coopération régionale entre Belgrade et Pristina du 24 février et la coopération active de la Serbie pour qu'Eulex et la Kfor puissent accomplir leurs mandats.
Qualifiant l'octroi du statut de « décision extrêmement importante », qui donne « une perspective européenne à un pays clé des Balkans occidentaux », le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, souhaite que ce statut « encourage la Serbie à entreprendre des efforts supplémentaires afin de satisfaire aux critères politiques et économiques de l'Union européenne ». « J'espère aussi que Belgrade continuera à soutenir la coopération régionale et les bonnes relations de voisinage dans les Balkans occidentaux », a-t-il ajouté. Le président a précisé qu'à aucun moment Bucarest n'avait lié l'octroi du statut de la Serbie à son entrée dans l'espace Schengen.
Rappelant que la Croatie sera bientôt membre de l'UE, le président français Nicolas Sarkozy a précisé qu' « il est inimaginable que certains pays des Balkans soient dans l'Union et d'autres pas, spécialement la Serbie. Je ne dis pas tout de suite, immédiatement, je vois le chemin qu'il reste à parcourir mais si le message de l'Europe à la Serbie était de dire ' jamais' ce serait une folie ». Selon lui, le meilleur moyen d'abaisser les tensions dans les Balkans est que « chacun ait une perspective européenne un jour ou l'autre ». « D'avoir des principes démocratiques, c'est la meilleure réponse à opposer à des sentiments nationalistes toujours forts dans cette partie du monde et à des blessures territoriales très fraîches », a-t-il ajouté. De son côté, le Premier ministre britannique, David Cameron, a souligné que Belgrade doit se concentrer sur l'état de droit.
Le président serbe, Boris Tadic, s'est félicité du statut, rappelant que « les citoyens de Serbie ont porté le plus lourd fardeau des réformes menées pour que notre pays se transforme en une société démocratique dans laquelle les droits de l'Homme et des minorités sont respectés, et les valeurs européennes confirmées ». Selon ce pro-européen, l'un des avantages du statut réside dans la sécurité économique. M. Tadic a souligné qu'un travail important attend la Serbie pour pouvoir entamer les négociations d'adhésion, prochaine étape du pays dans son adhésion à l'UE.
La Serbie a demandé son adhésion à l'UE en 2009. Elle ne devrait cependant pas adhérer à l'UE avant la fin de la décennie. (CG avec SP et EH)