Bruxelles, 02/03/2012 (Agence Europe) - Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) et le GSMA, qui représente les intérêts des opérateurs mobiles en Europe, ne sont pas entièrement satisfaits de la position de la commission ITRE du Parlement européen en matière de roaming, suite au vote du rapport sur le projet de règlement le 28 février.
Pour le BEUC, « ce vote apporte une pierre supplémentaire à l'édifice visant une meilleure protection à l'encontre des frais excessifs de roaming dans l'Union européenne ». « Mais nous n'avons pas encore franchi la ligne d'arrivée », a commenté la directrice générale du BEUC Monique Goyens. Une étude récente souligne que 72% des consommateurs limitent l'usage de leur téléphone lorsqu'ils voyagent à l'étranger, en raison de frais trois fois plus élevés que sur leur marché national, souligne-t-elle. Des frais qui n'ont pas de raison d'être au sein d'un marché unique. Le danger réside dans une augmentation des frais sur d'autres créneaux tels que les données ou même les appels nationaux de la part des opérateurs pour compenser la perte de revenus sur les appels et les SMS en roaming. La baisse des frais pour le téléchargement des données en roaming prévue par le projet de règlement « va dans la bonne direction », conclut le BEUC, et le Parlement a désormais « un mandat fort pour négocier avec le Conseil ».
Du côté des opérateurs, on « soutient les changements pour un marché du roaming européen qui mène à davantage de concurrence et des prix plus bas pour les consommateurs » et « les efforts pour renforcer la transparence des mécanismes » en matière de roaming. Les opérateurs se félicitent que le rapport adopté par la commission ITRE prévoie une intervention limitée dans le temps. Toutefois, « les plafonds de prix doivent fournir un filet de sécurité pour les consommateurs sans saper l'effet concurrentiel des mesures structurelles », ce que la commission ITRE ne garantit pas dans son rapport. « Nous pressons le Parlement et le Conseil de rétablir cela en adoptant les plafonds prévus à l'origine par la Commission », déclare le GSMA. Le principe de la neutralité technologique doit prévaloir dans le règlement, et la séparation des marchés du roaming et nationaux doit dès lors être envisagée, poursuit l'association. Enfin, les opérateurs demandent plus de souplesse dans les dispositions prévues, afin d'avoir le temps nécessaire à la mise en œuvre de mesures structurelles destinées à rendre le marché plus concurrentiel. (IL)