Bruxelles, 02/03/2012 (Agence Europe) - Le Chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a annoncé que son pays souhaitait atteindre en 2012 un déficit public de 5,8 % du PIB, alors que le précédent gouvernement s'était auparavant engagé auprès de la Commission européenne à ramener celui-ci à 4,4 % du PIB. Le chef du gouvernement espagnol a jugé ce niveau raisonnable, sachant que l'objectif d'un déficit à 4,4 % du PIB en 2012 avait déjà été jugé irréaliste par nombre d'économistes. Le pays devrait en effet entrer en récession une nouvelle fois dès ce trimestre, après avoir connu une faible croissance, de 0,7 % de son PIB, en 2011. Il souffre en outre d'un chômage de masse - le plus élevé d'Europe - avec près de 23 % de la population active qui est sans emploi.
Pour autant, M. Rajoy a affirmé que ce nouvel objectif respecte le Pacte de stabilité et de croissance. « Est-ce que ceci est conforme aux règles, je dis oui, à la fois à la recommandation de l'Union européenne et au Pacte de stabilité et de croissance », a justifié M. Rajoy. Il a expliqué que malgré le changement de l'objectif de déficit, la trajectoire de « réduction annuelle de 1,5 % du déficit structurel » sera maintenue. Mariano Rajoy a en outre expliqué que son pays maintient l'objectif d'un déficit public de 3 % du PIB en 2013.
Le gouvernement espagnol adoptera fin mars son projet de budget 2012. En avril, il présentera à la Commission européenne son programme de stabilité qui comprendra les objectifs de réduction du déficit public. En mai, la Commission fera ses recommandations au Conseil européen qui statuera en juin.
Même si l'objectif pour 2012 passe de 4,4 à 5,8 %, le gouvernement va devoir imposer une sérieuse cure d'austérité. En effet, il devra procéder à un ajustement supplémentaire de 15 milliards d'euros (en plus d'un ajustement identique en décembre) pour réduire le déficit de 8,5 % en 2011 à 5,8 % en 2012.
Quatrième économie de la zone euro, l'Espagne est dans l'œil du cyclone depuis le début de la semaine, quand elle a annoncé que son déficit public s'était établi à 8,5 % du PIB en 2011 et non à 6 %, le seuil fixé par le précédent gouvernement socialiste. M. Rajoy s'était rendu au Conseil européen à Bruxelles avec l'espoir d'obtenir un peu de souplesse de ses partenaires européens. Mais « il n'y a pas eu de débat sur un quelconque assouplissement », a asséné vendredi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Et Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, de déclarer devant la presse: « Dans le cas de plusieurs États membres que vous citez (Espagne, Pays-Bas qui n'atteindront pas leurs objectifs budgétaires), il faudra œuvrer à combler les déficits ». Sur les objectifs espagnols et néerlandais, Angela Merkel, la chancelière allemande a souligné que « ces pays présenteront leur projet de budget, la Commission donnera son avis. M. Rajoy m'a dit que son gouvernement ne ménagera aucun effort (de consolidation budgétaire) ». « On vient d'adopter de nouvelles règles (pour la discipline budgétaire), il n'est pas question de commencer à les assouplir », a averti le Premier ministre finlandais Jyrki Katainen. Nicolas Sarkozy, le président français, a souligné qu'en Espagne, le gouvernement de M. Rajoy a pris des décisions « extrêmement fortes ». (LC avec AN/MB/EH)