Bruxelles, 22/02/2012 (Agence Europe) - Stop aux violences dit la mission d'observation électorale de l'Union européenne (MOE UE) à cinq jours du scrutin présidentiel au Sénégal. À l'heure où les heurts se sont intensifiés entre les opposants à la candidature d'Abdoulaye Wade interdits de manifester, et les forces de l'ordre, où le bilan des affrontements est de six morts et où Youssou Ndour, candidat à l'élection évincé par le conseil constitutionnel, a été blessé mardi 21 au soir, la MOE UE sort du silence pour déplorer « tout recours à la violence tant par les forces de l'ordre que par les manifestants ». Elle appelle à « l'arrêt des violences et au respect du caractère pacifique que devrait revêtir tout débat politique démocratique pour permettre aux électeurs et électrices sénégalais d'exercer leur droit de vote en toute sérénité le 26 février prochain ».
La mission fait part de ses préoccupations quant à l'interdiction des manifestations imposée par le ministre de l'Intérieur et rappelle que le droit de manifester, reconnu par l'article 62 du code électoral, prévoit une dérogation à la possibilité d'interdire des manifestations auxquelles participent des candidats à l'élection présidentielle, afin de garantir la liberté de réunion électorale durant la campagne. « Ce principe s'inscrit dans le droit à manifester librement, conformément à la Constitution sénégalaise », précise la MOE UE dans un communiqué.
La mission regrette aussi qu'aucune disposition n'ait été prise à ce jour par l'administration électorale pour publier, à intervalles réguliers, des rapports sur l'état d'avancement de la distribution des cartes d'électeurs, lacune qu'elle avait déjà notée le 15 février dernier.
La MOE UE renouvelle donc son appel à plus de transparence en la matière. Dans le souci d'assurer toute la transparence nécessaire aux opérations de vote et conformément aux nouvelles dispositions du code électoral qui autorisent le retrait de la carte d'électeur jusqu'à la veille du scrutin (le 25 février), la mission invite le ministère chargé des élections (MCE), la Commission électorale nationale autonome (CENA), les partis politiques et la société civile à être particulièrement attentifs aux procédures de contrôle du nombre de cartes d'électeurs non distribuées avant et après le jour du scrutin. (AN)