Bruxelles, 22/02/2012 (Agence Europe) - L'Allemagne aurait détaillé sa position vis-à-vis de l'ERTMS (European Rail Traffic Management System), et surtout son calcul des coûts à la Commission européenne la semaine dernière, et ce à la suite d'un lettre adressée par le commissaire européen au Transport, Siim Kallas, au ministre allemand en charge du Transport, Peter Ramsauer (EUROPE n°10557). Le commissaire y appelait à trouver un compromis pour parvenir à l'interopérabilité ferroviaire en utilisant un seul et même système de surveillance, l'ERTMS. Il offrait son soutien à l'Allemagne pour que le pays respecte ses engagements à utiliser ce système, alors que M. Ramsauer lui avait signifié, fin 2011, sa préférence pour un système alternatif mais moins coûteux, le STM. Une procédure d'infraction pourrait être lancée, si l'Allemagne ne se décidait pas à respecter ses engagements en la matière.
À ce stade, la lettre du commissaire européen à M. Ramsauer n'a pas encore été suivie par un changement dans la rhétorique allemande sur le sujet. Sans fermer complètement la porte à l'ERTMS, l'Allemagne préfère doter ses équipements existants du système alternatif STM, et passer à l'ERTMS, sur les quatre corridors ferroviaires traversant le pays, uniquement lors de la construction de nouvelles infrastructures ou de la rénovation de son matériel, en accord avec une décision de principe prise au niveau national en juin 2011 déjà. Selon les autorités allemandes la solution STM permettrait d'atteindre le niveau d'interopérabilité requis pour 2015, à moindre frais qu'avec l'ERTMS.
Afin que la Commission ait toutes les cartes en main pour comprendre la démarche allemande et agir en connaissance de cause, les autorités allemandes ont fait parvenir la semaine dernière à la direction générale en charge du transport pour la Commission (DG MOVE) une missive détaillant plus particulièrement les coûts que l'investissement dans l'ERTMS nécessiterait sur le réseau allemand. Les estimations de la Commission et de l'Allemagne divergent considérablement (de 4 milliards pour l'Allemagne, contre 2,5 milliards pour la Commission) ce qui nécessitait des éclaircissements. Le commissaire Kallas espère rencontrer son homologue allemand pour discuter de cette situation lors d'un événement interministériel organisé à Copenhague le 16 avril prochain, la veille d'une conférence dédiée à l'ERTMS, organisée par la présidence danoise. (MD)