Bruxelles, 22/02/2012 (Agence Europe) - Tandis que s'intensifie la fronde des pays tiers hostiles à la législation européenne incluant l'aviation dans le système d'échange de quotas d'émissions de l'UE (ETS), la Commission européenne affiche toujours la même placidité. Alors que 29 pays membres de l'OACI, réunis à
Moscou pour réfléchir à des mesures de rétorsion, ont signé, le 22 février au matin, une déclaration demandant
à l'UE de surseoir à cette législation et menaçant de dénoncer l'ETS à l'OACI, Isaac Valero Ladron, porte-parole de Connie Hedegaard, la commissaire à l'Action pour le climat, a déclaré mardi 22 février à la presse:
« Nous n'avons pas encore reçu de rapport complet de cette réunion et nous n'avons pas encore reçu de réponses à nos questions. Cette déclaration n'est rien de nouveau et rien de concret. Ce dont le monde a besoin, ce sont des mesures concrètes pour réduire les émissions de CO2 en provenance du transport aérien. Nous encourageons les pays à faire des suggestions constructives pour trouver des solutions au sein de l'OACI et dans le cadre des Nations unies, pas dans des réunions parallèles. Tant qu'il n'y aura pas d'accord global, l'UE fera tout pour réduire les émissions du transport aérien ».
Depuis le début des contestations exprimées par les pays tiers, États-Unis et Chine en tête, Connie Hedegaard n'a pas dit autre chose. Dans l'hypothèse où le différend serait porté à l'OACI, l'UE ne manquerait pas de défendre sa législation, a ajouté le porte-parole en rappelant que la Cour de justice a jugé parfaitement légale la directive ETS. Quant à l'éventualité de mesures de rétorsion (comme la révocation par des pays tiers d'accords bilatéraux avec l'UE ou l'interdiction du survol de la Sibérie dont les Russes menacent l'UE), la Commission se refuse à ce stade à spéculer sur « des mesures hypothétiques ». Si celles-ci venaient à se concrétiser, la Commission en « évaluerait la portée et l'impact » et « pourrait prendre des actions ». (AN)