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Bulletin Quotidien Europe N° 10553
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) sommet ue/chine

Beijing réitère son soutien à la zone euro

Bruxelles, le 14/02/2012 (Agence Europe) - La Chine a réitéré mardi 14 février son soutien au règlement de la crise de la dette de la zone euro, se disant à nouveau prête à participer à la « recherche d'une solution » tout en ne se prononçant toujours pas sur les modalités de sa contribution ni sur son degré d'investissement, notamment dans les fonds de secours européens (le FESF et le MES qui le remplacera en juillet).

Le Premier ministre Wen Jiabao a fait cette déclaration à Pékin où il accueillait les présidents du Conseil européen et de la Commission, MM. Van Rompuy et Barroso, à l'occasion du 14ème sommet UE/Chine. Un sommet dominé par la crise de la dette mais aussi par la question de l'accès mutuel aux marchés et des relations commerciales, marquées ces derniers temps par l'opposition de la Chine à la taxe carbone applicable aux compagnies aériennes. Les deux parties ont également discuté du statut d'économie de marché de la Chine, que Pékin voudrait obtenir d'ici à 2016, M. Van Rompuy s'étant dit prêt ici à un « règlement rapide » du dossier, rapporte l'AFP, et abordé encore la situation de la Syrie et la question du programme nucléaire iranien.

Sur la crise de la dette, cela fait déjà plusieurs mois que Beijing s'est dit ouvert à participer aux fonds de secours européens mais sans jamais chiffrer ses intentions jusqu'à présent. Mardi, les deux présidents européens ont présenté les derniers travaux mis en place par l'Eurozone et se sont félicités de l' « attitude positive et de l'engagement » de Pékin à contribuer à la stabilité de l'euro et de l'Eurozone, a dit M. Van Rompuy, cela alors que 6 pays de la zone euro avaient encore connu lundi 13 février au soir une dégradation de leur note de la part de l'agence Moody's.

Le président Van Rompuy a rappelé lors de la conférence de presse l'importance pour la Chine d'avoir un partenaire stable, notant que les « deux économies sont devenues si interdépendantes qu'un changement dans le taux de croissance de l'un des deux partenaires stratégiques a un impact direct sur l'autre ». Et dans ce contexte, « il appartiendra à la Chine de prendre ses propres décisions concernant sa participation à la stabilité de l'Eurozone », a encore dit M. Van Rompuy. De son côté, M. Barroso a lui vanté les efforts mis en place par les Européens qui « font tout ce qu'il faut » pour rétablir la confiance.

La confiance, les trois hommes en ont d'ailleurs aussi parlé au sujet des relations commerciales entre la Chine et l'UE, cette dernière étant le premier bloc importateur de produits chinois au monde et la Chine devenant son premier partenaire commercial (plus de 560 milliards d'euros d'échanges en 2011, a rappelé M. Barroso). Les Européens ont logiquement remis sur la table la question de l'ouverture des marchés chinois aux entreprises de l'UE, les deux présidents plaidant pour un meilleur accès des Européens et une « meilleure protection des droits intellectuels », cela notamment dans le cadre de l'accord UE/Chine sur les investissements actuellement en discussion. Interrogé sur la question de la taxe carbone de l'UE, M. Barroso a également réaffirmé la position de l'UE qui « attend que les autres prennent les mêmes mesures » et s'engagent dans les mêmes combats tout en étant ouverte à une solution trouvée dans le cadre de l'International Civil Aviation Organization (ICAO).

Enfin, sur les autres sujets, notamment sur la situation en Syrie, au sujet de laquelle la Chine et la Russie ont bloqué une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, M. Van Rompuy a salué les démarches de la Ligue arabe, qui a demandé l'envoi d'une force de paix encadrée par l'ONU, et il a appelé tous les pays membres du Conseil de sécurité à prendre leurs responsabilités. De son côté, M. Wen a promis d'user de tous les canaux diplomatiques « pour éviter la guerre et le chaos » et réduire les souffrances, relate l'agence Reuters, se disant prêt à « renforcer la communication avec tous les partis syriens et la communauté internationale » et sans « protéger aucun parti ». (SP)

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