Strasbourg, 14/02/2012 (Agence Europe) - La Hongrie sème le trouble au sein du Parlement européen. Les groupes politiques discutent encore sur une résolution commune sur les événements en Hongrie, qui doit être votée jeudi en session plénière, texte auquel ne devraient souscrire ni le PPE ni les socialistes hongrois. « Ce sera une résolution uniquement des groupes S&D, Verts, ADLE et GUE/NGL ; mais il faut trouver une majorité. Le rejet de cette résolution serait une grande victoire pour Orban, et c'est ce que nous voulons éviter », a souligné le président du groupe S&D. Selon le vice-président des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit, « il y a blocage sur le texte de la résolution. Le PPE prend le parti socialiste en otage », ce que ne confirme pas le S&D. Une source européenne a précisé à Agence Europe que les groupes n'ont pas encore de position commune, le S&D ne souhaitant pas le recours automatique à l'article 7 (qui constate une violation grave des traités) contrairement aux autres partis de gauche. « Je ne sais pas si on arrivera à une position commune », a ajouté cette source. « Nous disons que si la situation continue, il faut que le Parlement européen envisage une initiative au titre de l'article 7 (1) du traité », a expliqué M. Cohn-Bendit. Pour lui, il est important de faire figurer dans la résolution que « nous continuons à demander que le gouvernement hongrois applique ce qui a été dit par Venise, le Conseil de l'Europe… Pour le moment, il n'y a aucune avancée ». « Si la résolution donne un blanc seing à la Hongrie, et bien nous ne voterons pas en faveur de cette résolution », a-t-il ajouté.
Le PPE veut attendre la position de la Commission. Pour le président du PPE Joseph Daul, la résolution aurait dû être présentée en plénière de mars, comme initialement prévu. Il a rappelé que les Verts et la gauche ont demandé qu'elle soit votée en mars, puis en février. « La Commission européenne est en train de faire fléchir le gouvernement hongrois et M. Cohn-Bendit a peur que le gouvernement ait déjà accepté beaucoup de choses avant mars. Et ça l'aurait dérangé », a lancé M. Daul, en réponse à la question d'un journaliste. Soulignant qu'il compte demander à la Commission les points sur lesquels la Hongrie ne respecte pas les règles, il a prévenu qu'en cas d'infraction, « on va être intransigeant ». M. Daul a précisé qu'il « peut tout signer au mois de mars », mais attend de voir la réaction du gouvernement hongrois aux propos de la Commission. « Je dirai au mois de mars ce que je pense. La Commission européenne va se prononcer demain ou après-demain et dire ce qu'elle pense ou est en train de le faire. Moi j'attends », a conclu le président du PPE. (CG)