Bruxelles, 14/02/2012 (Agence Europe) - Permettre de relocaliser les fonds structurels européens inutilisés pour cibler au mieux le chômage des jeunes personnes ; c'est l'objectif principal des groupes d'experts qui vont se rendre dans huit capitales, entre le 13 et 24 février. Les États ciblés (Slovaquie, Grèce, Espagne, Portugal, Irlande, Italie, Lituanie, Lettonie) doivent faire face en moyenne à un chômage de 35,3% parmi les jeunes de 18-25 ans, tout en disposant d'une marge moyenne de 20% de fonds 2007-2013 non alloués. Le montant exact dont les gouvernements de ces États disposent n'est pas précisé, en dehors du chiffre global de 82 milliards d'euros toujours pas alloués par la Commission.
Annoncée à l'issue du Conseil européen informel du 30 janvier et confirmée par l'envoi le lendemain de lettres de la part de M. Barroso aux présidents et chefs de gouvernement des États concernés, l'initiative prévoit des missions ponctuelles d'experts venant de différentes directions générales de la Commission qui rencontreront les représentants des autorités nationales et les partenaires sociaux. De telles missions visent principalement à apporter des solutions à court terme au chômage des jeunes, mais également à répondre aux difficultés pour les PME d'accéder au financement.
L'Italie et l'Irlande sont les deux États particulièrement concernés par ce dernier objectif, alors que les États de l'Est (Lituanie, Lettonie et Slovaquie) se caractérisent par une inadéquation entre les besoins du marché et les compétences offertes par les jeunes travailleurs. Concernant le Portugal et la Grèce, qui bénéficient déjà d'une assistance de groupes d'experts, notamment de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, les nouvelles « équipes d'action », selon la terminologie de la Commission, devront uniquement se focaliser sur la question de l'emploi des jeunes et des PME. Ces deux États ont les taux de chômage les plus importants au sein de l'UE, respectivement 35,1% et 46,6%, en dehors de l'Espagne, qui avec un taux de près de 50% détient le palmarès dans cette catégorie.
Si les sources du chômage des jeunes sont propres à chaque États et nécessitent des approches individualisées, l'action principale des experts de la Commission consistera surtout à reprogrammer les fonds structurels européens par rapport à leurs objectifs initiaux. Les résultats de cette initiative inhabituelle seront présentés par José Manuel Barroso au Conseil européen, début mars, pour ensuite être intégrés dans les programmes nationaux à la mi-avril. (JK)