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Bulletin Quotidien Europe N° 10548
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

L'UE discute de nouvelles sanctions

Bruxelles, 07/02/2012 (Agence Europe) - L'Union européenne discute de nouvelles sanctions contre le régime syrien, qui pourraient concerner les transactions de la banque centrale et le commerce d'or et de métaux précieux, ont annoncé, mardi 7 février, des diplomates européens.

Rappelant qu'un Conseil des Affaires étrangères est prévu le 27 février, la Haute représentante de l'UE a annoncé, lors de son voyage au Brésil, qu'elle s'attendait à ce que de nouvelles propositions de mesures soient faites pour « mettre une forte pression politique sur le régime pour qu'il comprenne qu'il doit cesser de tuer son peuple ».

Selon une source européenne, s'il reste encore beaucoup à faire avant de pouvoir adopter un nouveau train de sanctions, l'UE envisage des mesures économiques qui limiteront « davantage encore l'accès du régime syrien à des sources de financement ». Parmi les possibilités figurent de nouveaux gels d'avoirs et des actions contre la banque centrale.

Il est déjà interdit d'approvisionner la banque centrale en pièce et en billet mais les nouvelles sanctions pourraient concerner certaines transactions de la banque. Une autre mesure pourrait s'attaquer aux échanges d'or et de métaux précieux avec la Syrie. Leur interdiction avait déjà fait l'objet d'un accord de principe entre les États membres de l'UE mais la décision avait finalement été repoussée. « Elle est revenue cette semaine sur la table », a précisé une source européenne. L'Allemagne aurait aussi proposé une interdiction des vols commerciaux en provenance et à destination de la Syrie.

Les États membres rappellent leurs ambassadeurs, pas l'UE

Parallèlement, alors que le Royaume Uni, l'Italie, la France, les Pays-Bas ou encore l'Espagne ont rappelé leurs ambassadeurs en Syrie pour « consultation », l'Union européenne « n'a aucun projet de retirer le chef de la délégation européenne à Damas », Vassilis Bontosoglou, a souligné le porte-parole de Catherine Ashton, Michael Mann. Il a précisé qu'il « est important de conserver nos représentants sur place car il n'y a pas de presse libre » pour se tenir informer des événements.

La Pologne, de son côté, assurera les services consulaires dont pourraient avoir besoin les Américains, dont le pays a fermé son ambassade à Damas. Les pays du Conseil de coopération du Golfe ont eux décidé de retirer leurs ambassadeurs de Syrie et d'expulser les ambassadeurs syriens présents sur leur territoire.

Nouvelle initiative turque

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé que la Turquie allait lancer une « nouvelle initiative » internationale « avec des pays qui soutiennent le peuple et non le régime » syrien, a-t-il déclaré au parlement, sans donner plus de détails.

Le Brésil opposé à des sanctions unilatérales

Mais la politique de sanctions ne fait pas l'unanimité. En présence de Catherine Ashton, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Antonio Patriota, a souligné lundi 6 février que son pays est « contre les sanctions unilatérales » et a considéré le Conseil de sécurité de l'ONU comme le « forum approprié » pour de telles décisions. « Nous n'avons aucune certitude que les sanctions unilatérales aident à créer le bon climat » pour une solution diplomatique, a-t-il expliqué. Le ministre brésilien a précisé qu'il soutenait des initiatives telles qu'un rôle plus actif du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, ou encore une
« coopération plus étroite » entre la Ligue arabe et l'ONU. (CG)

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