Bruxelles, 07/02/2012 (Agence Europe) - Si trois salariés sur quatre disent être satisfait de leur travail, ils sont un sur trois à avoir le sommeil perturbé et un sur quatre trouvent que leur vie professionnelle nuit à leur santé. Ces résultats proviennent de l'étude internationale, rendue publique mardi 7 février, sur le stress au travail, laquelle a été menée par l'Institut de médecine environnementale (IME), en partenariat avec l'Institut of NeuroCognitivism (INC) et TNS Sofres, et réalisée sur un échantillon de plus de 7000 travailleurs en France, en Belgique (francophone et néerlandophone), en Suisse romande et au Québec. Au-delà d'un regard sur le bien-être des travailleurs, cette étude tente d'expliquer les différents facteurs qui entrent en jeu pour déterminer les niveaux de stress et du moral dans le cadre du travail à travers trois dimensions: l'individu, le management et l'organisation.
Les résultats présentent des disparités selon le pays où les travailleurs ont été interrogés. Ainsi, le taux de satisfaction le plus important a été relevé au Québec, où 77% des salariés se disent satisfait de leur travail, alors qu'en France, ils sont 68% à partager le même avis. Les raisons sous-jacentes à une perception positive de sa situation professionnelle peuvent constituer un indicateur des différences qui existent dans l'organisation et la gestion du travail entre les pays. Une bonne adéquation entre pouvoirs décisionnels et responsabilités est un facteur clé dans la dimension « organisation ». Sur le plan individuel, c'est la motivation vis-à-vis des tâches à effectuer qui détermine le niveau de satisfaction. Enfin, dans la dimension du management, c'est la présence d'un bon esprit d'équipe qui joue en faveur d'une meilleure appréciation de son travail.
Parmi toutes les causes qui déterminent l'insatisfaction, c'est l'hyperinvestissement émotionnel au travail qui est cité en premier lieu, après la nécessité de réaliser des tâches agaçantes ou socialement gênantes et la pression exercée par l'employeur.
Aujourd'hui, les pouvoirs publics, que ce soient les institutions étatiques ou européennes, se focalisent sur l'équilibre budgétaire, la revitalisation du marché de l'emploi et les taux importants de chômage dans la plupart des États membres de l'UE. Pourtant, la crise financière et économique a aussi une incidence sur les conditions de travail et sur la manière dont le travail est perçu par les individus. Les conséquences que cela engendre sur la santé économique de l'espace européen sont certes difficilement quantifiables, mais elles sont bel et bien présentes. Elles peuvent se traduire par le niveau de productivité ou par l'absentéisme, pour finalement jouer comme un ingrédient d'une croissance économique ou au contraire comme un frein aux investissements et à la création d'emplois. Comme le montrent les résultats de cette étude, les divergences qui existent entre plusieurs États sont symptomatiques, non seulement d'un environnement de travail spécifique à chaque pays, mais également du rôle joué par la manière d'organiser et de gérer le travail. Et sur ce dernier point, même si c'est aux entreprises d'agir en premier, les pouvoirs publics, à travers des politiques ciblées et un encadrement législatif, peuvent aussi espérer améliorer le taux de satisfaction des travailleurs et, par ricochet, combattre, par une voie supplémentaire, les effets de la crise. (JK)