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Bulletin Quotidien Europe N° 10548
Sommaire Publication complète Par article 14 / 34
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Réactions contrastées au boycott chinois de l'ETS aviation

Bruxelles, 07/02/2012 (Agence Europe) - La décision annoncée par la Chine d'interdire à ses compagnies aériennes de payer le moindre quota d'émissions de CO2 au titre du système d'échange de quotas d'émissions de l'UE (directive ETS entrée en vigueur le 1er janvier dernier) a fait l'objet de réactions contrastées (EUROPE n°10547). Les défenseurs de la législation européenne incluant l'aviation dans l'ETS appellent l'UE à tenir bon, n'en déplaise à la majorité (26 sur 36) des pays membres de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) ; les autres, continuent à appeler de leurs vœux une solution globale, au sein de l'OACI.

Résister aux pressions. Pour l'eurodéputée Michèle Rivasi (Verts/ALE, France), porte-parole d'Eva Joly, pas question que l'UE cède, car il est urgent de mettre à contribution un secteur jusque-là exempté de tout effort pour lutter contre le réchauffement. « La position de l'UE étant juridiquement inattaquable, elle ne me semble pas devoir être négociée. J'invite les responsables européens à tenir bon face aux pressions exercées par la Chine et les États-Unis. Alors que l'UE démontre son exemplarité dans la lutte contre le changement climatique en se fixant des objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre, elle ne peut pas tolérer d'imposer une taxe aux seules compagnies aériennes européennes. La fiscalité écologique ne doit pas seulement impacter les entreprises européennes, ce serait un non-sens économique », déclare-t-elle. Pour les écologistes, affecter les revenus des quotas payants au Fonds Vert pour le Climat géré par l'UNFCCC serait la solution car ainsi « aucun pays ne pourrait critiquer une décision aussi légitime en matière de justice climatique ».

Des mesures de rétorsion sont à craindre. L'Association internationale du transport aérien (IATA), pour sa part, continue d'appeler à une solution globale via l'OACI car elle considère que c'est le seul moyen de sortir de l'impasse. « Les conséquences involontaires de cette approche unilatérale et extraterritoriale vont au-delà des distorsions de marché pour les États qui y voient une attaque à leur souveraineté », a déclaré, mardi à Bruxelles, Tony Tyler, directeur général de IATA. Assurant que l'IATA fera « tout son possible pour promouvoir une solution pragmatique », il a ajouté: « Mais le temps ne joue pas en notre faveur. Les compagnies aériennes européennes pourraient être confrontées à des mesures de rétorsion et certaines compagnies aériennes de pays tiers devoir choisir entre respecter la législation de leur pays et celle de l'Europe » - toutes choses qui, selon lui, « devraient convaincre tous les pays que l'OACI est la solution ». (AN)

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