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Bulletin Quotidien Europe N° 10537
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) eurogroupe

Semaine décisive pour la finalisation du 2ème programme grec

Bruxelles, 23/01/2012 (Agence Europe) - Les négociations sur la participation du secteur privé au 2ème programme d'assistance à la Grèce se poursuivent dans l'espoir de parvenir à un accord entre Athènes et ses créanciers privés d'ici au Conseil européen du lundi 30 janvier. Notre coopération avec le secteur privé est « très constructive » et nous sommes disposés à « finaliser la procédure à temps », a déclaré le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos, lundi 23 janvier à son arrivée à la réunion de l'Eurogroupe. « Aujourd'hui, nous ferons le point des discussions sur la participation du secteur privé concernant la Grèce », a indiqué le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn. Il a espéré que les négociations s'achèveront « cette semaine ».

L'Institute of international finance (IIF), qui représente une majorité des détenteurs privés d'obligations grecques, aurait remis une dernière offre de rachat de titres grecs qui se situerait à la limite de ce qui correspond à une opération volontaire du secteur privé, selon son directeur exécutif Charles Dallara, rapporte le Financial Times. Les créanciers institutionnels, en tête desquels le FMI, veulent s'assurer que la restructuration partielle de la dette grecque atteindra l'objectif de ramener cette dette de 160% à 120% du PIB grec d'ici à 2020. Les créanciers privés sont appelés à échanger leurs titres de dette arrivant à échéance à moyen terme pour des titres à 30 ans adossés en partie au fonds de sauvetage européen et à un taux d'intérêt 'raisonnable'. Un accord sur la participation du secteur privé au 2ème programme grec ouvrira la voie à une finalisation d'une enveloppe d'aide publique de 130 milliards d'euros. Rappelons que la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) est à Athènes pour s'assurer que le gouvernement grec respectera ses engagements budgétaires et macro-économiques, avec l'adoption de nouvelles mesures d'austérité s'il le faut.

Le ministre français de l'Économie François Baroin s'est réjoui, lundi à l'issue d'une réunion avec son homologue Wolfgang Schäuble, qu'« une restructuration volontaire de la dette (grecque) détenue par des investisseurs privés… semble prendre forme ». « Nous sommes déterminés à soutenir la Grèce le temps qui lui sera nécessaire pour mettre en place des réformes et pour que ces réformes produisent des résultats », a-t-il ajouté. M. Schäuble a, au contraire, accentué la pression sur les autorités helléniques: « La Grèce doit remplir ses engagements ». Vendredi dernier, le président français Nicolas Sarkozy avait adopté un même ton ferme. « Ce qui s'est fait en Irlande, au Portugal, en Espagne, en Italie, et même en Allemagne et en France, nos amis grecs doivent le faire. Et plus cela sera fait tard, plus cela sera difficile et plus cela sera douloureux », avait-il déclaré en présentant ses vœux au corps diplomatique français.

Fonds. Les ministres européens des Finances tenteront de mettre la dernière main aux projets de traité instituant le Mécanisme européen de stabilité dont l'entrée en fonction est prévue pour juillet. La puissance de feu du fonds permanent de sauvetage, combinée à la capacité restante du Fonds européen de stabilité financière (FESF), devrait être limitée à 500 milliards d'euros, comme le requiert l'Allemagne. Le Premier ministre italien Mario Monti plaide pourtant pour un doublement à 1000 milliards d'euros de la force de frappe des fonds européens, selon Der Spiegel. La directrice générale du FMI Christine Lagarde a estimé, lundi, qu'il fallait « accroître » la capacité d'intervention des Européens. Sans forcément la doubler.

La ministre danoise de l'Économie Margrethe Vestager veut un débat sur la relance de la croissance dans le cadre du 'Semestre européen'. Nous devons consolider intelligemment nos finances publiques, « autrement dit privilégier les dépenses favorables à la croissance », déclare-t-elle sur le site Internet de la Présidence danoise. Et d'ajouter: « Parallèlement, nous devons prendre des mesures et instaurer des réformes susceptibles de stimuler la croissance et de générer de nouveaux emplois ». L'Eurogroupe se penchera sur les cas italien et espagnol. Deux pays qui, selon M. Rehn, ont fait « des progrès importants » en la matière. (MB)

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