Bruxelles, 23/01/2012 (Agence Europe) - Les Ministres des Affaires étrangères ont décidé, lundi 23 janvier, de mettre en place un embargo graduel sur le pétrole iranien et sur les produits pétroliers, en raison du programme nucléaire de Téhéran. Les mesures concernent l'importation, l'achat, et le transport de pétrole brut et des produits pétroliers et les activités du secteur de la banque et des assurances qui s'y rapportent. Elles prévoient une interdiction immédiate de tout nouveau contrat et une phase de transition pour l'annulation des contrats existants jusqu'au 1er juillet 2012. Une révision des mesures sur le pétrole et ses dérivés sera faite avant le 1er mai 2012, soit, selon une source européenne, lors du Conseil des Affaires étrangères du 23 avril. « Un changement (dans les mesures) devra se faire à l'unanimité », a précisé ce diplomate.
Le Conseil a aussi interdit l'importation dans l'UE de produits pétrochimiques iraniens ainsi que l'exportation d'équipements et de technologies essentiels pour ce secteur. Investir dans des entreprises pétrochimiques iraniennes ou s'associer avec elles est aussi interdit.
Des discussions serrées
Les discussions se sont poursuivies jusqu'au dernier moment pour obtenir l'accord de la Grèce, très dépendante du pétrole iranien. Selon un diplomate, Athènes a obtenu « l'assurance politique », qu'elle serait aidée. Le ministre espagnol des Affaires étrangères Jose Manuel Garcia Margallo a révélé que son pays, autre gros importateur, faisait un « très important sacrifice », tout en précisant que les principales entreprises concernées l'avaient assuré avoir « trouvé des alternatives ». Des pays producteurs de pétrole devraient prendre le relais de l'Iran, mais, selon un diplomate, aucun contrat n'a encore été signé.
Sanctions financières
Le Conseil a aussi décidé de sanctionner la Banque centrale iranienne en interdisant ses avoirs et une partie de ses transactions afin de permettre que le commerce légal se poursuive « sous des conditions strictes ». Le commerce en or, en métaux précieux et en diamants avec les autorités publiques iraniennes et la Banque centrale n'est plus autorisé, tout comme la production de pièces et de billets pour la Banque centrale. Trois personnes et huit autres entités, entre autres financières et des transports, sont interdites de visas et voient leurs avoirs gelés. Toutes ces mesures seront publiées au journal officiel du 24 janvier 2012.
Le ministre britannique, William Hague, a salué ce « paquet de sanctions sans précédent ». « L'option d'un Iran doté de l'arme nucléaire ne peut être acceptée (…) », a estimé son homologue allemand, Guido Westerwelle. « C'est pourquoi il est important que l'UE prenne des décisions qui assèchent les sources de financement du programme nucléaire iranien », a-t-il ajouté.
L'objectif de ces sanctions est « que l'Iran prenne au sérieux notre requête de venir à la table des négociations », a souligné la Haute représentante Catherine Ashton. Le Conseil a rappelé sa volonté de travailler pour une « solution diplomatique », dans le cadre de la double approche. « Les sanctions en elles-mêmes ne sont pas la solution mais une partie des instruments » dont dispose l'UE, a souligné le Suédois Carl Bildt, mettant en avant les discussions diplomatiques. (CG)