Strasbourg, 16/01/2012 (Agence Europe) - Les Socialistes et démocrates du Parlement européen ont demandé « instamment », le 13 janvier, « la réforme des dispositions de la loi anti-terrorisme turque et du droit pénal qui, couplés à des attitudes restrictives et souvent politisées des juges et des procureurs, conduisent à des violations persistantes de la liberté d'expression en Turquie ». Cette demande est liée à leur grave préoccupation au sujet de la décision de la justice turque de lancer une enquête contre Kemal Kilicdaroglu le leader du principal parti d'opposition, le Parti populaire républicain (CHP), accusé de « tenter d'influencer un procès équitable » et d'« insulte aux fonctionnaires en service » en raison de propos prononcés après une visite à deux députés élus du CHP, en détention provisoire depuis des années en tant que suspects dans l'affaire Ergenekon, un présumé réseau criminel turc.
« Cette manœuvre fait partie d'une répression en cours sur les personnes engagées dans une activité politique légale en Turquie », a souligné le vice président du groupe S&D, Hannes Swoboda, rappelant qu'au cours des dernières années, des journalistes critiques du gouvernement, des personnes associées à la paix pro kurde ou à des partis d'opposition « ont été arrêtés et accusés de liens présumés avec des organisations terroristes ».
« La lutte justifiée contre l'ingérence militaire dans les affaires intérieures ne doit pas être détournée à des fins politiques », a-t-il ajouté. (CG)