Bruxelles, 16/01/2012 (Agence Europe) - Las de voir l'Europe refuser la culture d'OGM, BASF, le géant allemand et numéro un mondial de la chimie, a annoncé, lundi 16 janvier, sa décision de délocaliser toutes ses activités liées aux biotechnologies en Amérique du Nord et du Sud, qui constituent actuellement les deux plus grands marchés pour les OGM. Ainsi donc, le siège social de BASF Plant Science sera transféré de Limburgerhof (Allemagne) à Raleigh (Caroline du Nord, États-Unis) tandis que les activités de recherche et développement seront concentrées principalement à Raleigh, Gent (Belgique) et à Berlin. La mise au point et la commercialisation de tous les produits exclusivement ciblés sur la culture pour le marché européen, comme la pomme de terre transgénique Amflora, seront stoppées. Mais les procédures d'autorisation déjà en cours dans l'UE pour les OGM de BASF se poursuivront.
« Nous sommes convaincus que les biotechnologies appliquées aux plantes sont une technologie cruciale pour le 21ème siècle. Toutefois cette technologie se heurte toujours encore à un manque d'acceptation dans de nombreuses parties d'Europe - de la part de la majorité des consommateurs, des agriculteurs et des décideurs politiques. C'est pourquoi, ça n'a économiquement pas de sens de continuer à investir dans des produits exclusivement destinés à la culture sur ce marché. Nous allons nous concentrer sur les marchés attractifs en Amérique du Nord et du Sud et sur les marchés prometteurs en Asie », a expliqué Stefan Marcinowski, membre du conseil d'administration de BASF, responsable de la biotechnologie appliquée aux plantes, cité dans un communiqué de BASF.
Commentant cette nouvelle, Marco Contiero de Greenpeace a déclaré: « Les Européens ne veulent pas de cultures OGM, et ce pour de bonnes raisons qui ne se limitent pas aux seules préoccupations pour la santé. Les cultures génétiquement modifiées vont de pair avec l'agriculture industrielle, l'utilisation de pesticides, la résistance aux insectes nuisibles et des rendements à long termes décevants ». Et de préciser qu'au cours des deux dernières années BASF a essuyé une série de défaites « en Chine, en Inde aux Philippines, en Thaïlande et ailleurs », ces deux derniers pays ayant rejeté le riz transgénique. (AN).