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Bulletin Quotidien Europe N° 10532
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) Économie

La Commission européenne se défend après le verdict de S&P

Bruxelles, 16/01/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a estimé lundi 16 janvier que l'Union européenne n'appliquait pas uniquement une politique d'austérité face à la crise de la dette, en réponse aux critiques de l'agence de notation Standard & Poor's qui a abaissé vendredi la note de neuf pays de la zone euro. « L'idée de S&P selon laquelle l'Europe poursuit une stratégie fondée uniquement sur un pilier d'austérité budgétaire est une erreur de perception», a affirmé Olivier Bailly, un porte-parole de la Commission européenne.

S&P a abaissé les notes d'endettement de neuf pays de la zone euro, retirant en particulier à la France et à l'Autriche leur évaluation triple A d'excellence. Elle a abaissé de deux crans les notes à long terme de Chypre, de l'Espagne, de l'Italie et du Portugal. Elle a abaissé d'un cran les notes à long terme de l'Autriche, de la France, de Malte et de la Slovaquie.

La Commission a rappelé lundi qu'elle plaidait, face à la crise de la dette, pour une « double stratégie fondée sur la consolidation budgétaire et des réformes structurelles pour stimuler l'emploi et la croissance ». Cette « stratégie donne déjà des résultats », a affirmé M. Bailly, jugeant le « timing » de S&P « curieux ». La sanction de S&P « est survenue après plusieurs évolutions positives et des annonces de réformes structurelles dans des pays-clé comme la France, l'Espagne ou l'Italie. C'est arrivé après des améliorations sur le marché de la dette avec des émissions italienne et espagnole » où les taux sont ressortis en baisse, a-t-il ajouté. Interrogé sur une proposition de la Commission européenne, finalement abandonnée, visant à empêcher que soient notés les pays sous programme d'aide, il a regretté cette décision. « Cette proposition apparaît tout à fait sensée après la décision de vendredi », a-t-il affirmé.

Les dégradations par Standard and Poor's de plusieurs pays ont relancé le débat sur la nécessité d'un renflouement du Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui risque de perdre son triple A. Le Mécanisme européen de stabilité (MES) doit commencer à fonctionner début juillet, en parallèle pendant un an au FESF qui disparaîtra ensuite. En principe, la capacité cumulée de prêts des deux mécanismes doit être limitée à 500 milliards d'euros, mais plusieurs pays, ainsi que la BCE et la Commission européenne, sont en faveur de moyens accrus. Actuellement, le FESF a une capacité de prêt totale théorique de 440 milliards d'euros mais ne dispose que de 250 milliards d'euros. Le 13 janvier, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a rappelé que le 9 décembre dernier, les pays de la zone euro ont pris des décisions « audacieuses et ambitieuses ». Le FESF dispose de « ressources suffisantes » et les actionnaires du FESF affirment leur détermination à explorer les options permettant de maintenir la notation AAA du FESF, a dit M. Juncker. (LC)

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