Bruxelles, 16/01/2012 (Agence Europe) - Les mesures déjà prises et celles qui sont actuellement envisagées pour stabiliser la zone euro risquent de constituer un frein important à la croissance économique, ce qui fait craindre des difficultés budgétaires supplémentaires et un risque considérable pour l'emploi au sein de l'UE. Cette opinion, qui juge le diagnostic et les remèdes apportés à la crise comme étant erronés, est partagée tant par la Confédération européenne des syndicats (CES) que par l'agence de notation Standard & Poor's.
Frères d'armes inhabituels, la CES et l'agence de notation restent sceptiques à l'égard du projet proposé à l'issue du sommet européen du 9 décembre et ne croient pas aux affirmations du président français Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel selon lesquelles la priorité est donnée à la relance de la croissance économique (EUROPE n°10527). En justifiant la dégradation des notes à long terme de neuf États de la zone euro, vendredi 13 janvier, l'agence de notation américaine a clairement reproché aux acteurs européens de proposer des initiatives politiques « qui sont insuffisantes pour répondre d'une manière adéquate aux problèmes systémiques dans la zone euro ». Pire, ces mesures sont non seulement insuffisantes, mais elles comportent un risque d'aggraver la situation économique de la zone euro et par ricochet de toute l'UE. « Il nous semble donc qu'un processus de reformes baseì sur le seul pilier de l'austérité budgétaire risque d'aller aÌ l'encontre du but rechercheì, aÌ mesure que la demande intérieure diminue en écho aux inquiétudes croissantes des consommateurs en matière de sécurité de l'emploi et de pouvoir d'achat, entraînant l'érosion des recettes fiscales », a affirmé l'agence Standard & Poor's dans un communiqué, vendredi 13 janvier.
Argumentation similaire et mêmes inquiétudes pour la CES qui juge que « l'orthodoxie budgétaire, sans mesure de relance et d'investissement, enfonce les pays en crise » et que le principal risque aujourd'hui est que les mesures promues n'offrent « aucune perspective de long terme capable de restaurer l'emploi et une croissance durable », selon les termes de la secrétaire générale de la CES Bernadette Ségol, qui s'exprimait jeudi 12 janvier. Les syndicats demandent ainsi à être consultés dans le cadre des négociations autour du dernier accord pour y inclure un protocole social qui protégerait les travailleurs. Car l'accord actuel laisse entrevoir un nouveau traité qui « renforce des politiques qui ne fonctionnent pas ». Or, « l'approche ne peut pas seulement être gestionnaire et comptable. Les derniers chiffres sur l'emploi d'Eurostat (EUROPE n°10528) sont accablants », a estimé Mme Ségol.
Pour la Commission européenne, l'analyse effectuée par Standard & Poor's sur la situation et les perspectives de la zone euro est « infondée ». La croissance économique et l'emploi sont bien au cœur de la politique européenne de relance. En témoigne l'importance accordée à la stratégie EUROPE 2020, véritable levier de croissance pour l'UE, a estimé le porte-parole de la Commission Olivier Bailly, lundi 16 janvier. (JK)