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Bulletin Quotidien Europe N° 10520
CRISE DE LA DETTE / (ae) pologne

Sauvetage de la zone euro, le parti conservateur polonais dénonce une « souveraineté bafouée »

Varsovie, 20/12/2011 (Agence Europe) - Depuis les derniers discours du Premier ministre polonais Donald Tusk et de son ministre des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski sur le sauvetage de la zone euro, lors du Conseil européen de Bruxelles, le tonnerre gronde sur la scène politique en Pologne. Les dirigeants de l'UE se sont en effet déclarés en faveur d'une intégration économique plus étroite et d'une discipline financière accrue. Vingt-trois États membres ont validé cet accord, dont la Pologne.

Aussitôt le monde politique polonais s'est emparé violemment de la question de la participation du pays qui préside l'UE au sauvetage de la zone euro, étant donné que le pays n'a pas adopté la monnaie unique. Pour Jaroslaw Kaczynski, le chef du parti conservateur d'opposition PiS, Droit et Justice, « le gouvernement de Donald Tusk a signé, à Bruxelles, la réduction significative de la souveraineté polonaise, notamment dans le domaine financier. C'est l'institutionnalisation définitive du statut du client ».

Sur la scène politique nationale, le débat entre les europhiles et les eurosceptiques reprend de plus belle. Dans l'édition en ligne du magazine d'opinion Wprost, le rédacteur Sebastien Stodolak se fait le porte-parole du Pis: « Les décisions du sommet européen privent les États membres d'une part de leur souveraineté. On comprend mieux désormais ce que voulait dire le professeur et prix Nobel d'économie Vernon Smith, lorsqu'il déclarait récemment lors de sa venue en Pologne: ' Je ne comprends pas pourquoi un pays qui aspire à la liberté et à l'indépendance tient absolument à adhérer à la zone euro'. Je sais avec certitude que l'on a là une organisation de désespérés politiques qui, pour sauver peut-être de nobles idées, sont capables de sacrifier les droits de leurs membres sur l'autel communautaire ». L'hebdomadaire se définit comme libéral-conservateur partisan du libre marché en économie et des valeurs chrétiennes pour ce qui concerne les mœurs. Pour le parti PiS, la participation de la Pologne au sauvetage de la zone euro reviendrait à s'inscrire au « club des pays en faillite », comme le décrit le magazine Wprost qui s'est illustré par d'autres billets aux titres non moins équivoques: « le viol de l'euro constitution » ou encore « Sikorski, toi le traître ».

Lors d'une séance de questions à la Diète, le Premier ministre Donald Tusk a justifié la position polonaise à Bruxelles. Il a souligné que « le préalable à la souveraineté polonaise est le maximum de sécurité financière. Ce n'est pas parce que la Pologne n'est pas dans la zone euro qu'elle doit être un pays de seconde, voire de troisième zone. Ce ne serait pas prudent d'avoir deux conceptions de l'Europe qui s'opposent ». Selon le représentant du gouvernement polonais, « le sauvetage de la zone euro est dans l'intérêt des Polonais. Les événements dans la zone euro, la relation entre l'euro et le dollar, la notation des pays de l'UE ont un impact réel sur les emprunteurs polonais qui ont des prêts en francs suisses par exemple ». Ce discours, jeudi dernier, s'est inscrit en pleine contradiction avec les propos du leader de PiS, Jaroslaw Kaczynski, affirmant que « rien ne se passerait si la zone euro venait à tomber ».

Le 13 décembre, le parti d'opposition PiS, organisateur de la Marche de l'Indépendance et de la Solidarité - fête nationale commémorant le 30ème anniversaire de la victoire contre l'instauration de la loi martiale du général Jaruzelski - a appelé la population à défendre sa souveraineté nationale, après les déclarations du ministre des Affaires étrangères fin novembre à Berlin pour une plus forte intégration européenne. Présent à cette manifestation, Andrzej Hadacz, ex-candidat à la présidentielle, appelle à la démission du gouvernement de Donald Tusk: « On entend des annonces étranges de la part du ministre des Affaires étrangères qui dit qu'il veut donner une partie de la souveraineté polonaise à Bruxelles, pour qu'ils nous gouvernent de là-bas. C'est un scandale et cela devrait être puni ! ». (VW)

 

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