Bruxelles, 20/12/2011 (Agence Europe) - Siim Kallas n'en démord pas, les 10 milliards d'euros issus des fonds de cohésion dans le Mécanisme pour l'Interconnexion de l'Europe (MIE) devront bel et bien être alloués à des projets d'infrastructure de transport à plus value européenne. Pour le commissaire européen en charge du Transport, il n'est pas question que les États membres fassent pression pour que les 10 milliards soient détournés de ce but et grossissent les budgets nationaux des pays de la cohésion.
Siim Kallas a fait appel au soutien des parlementaires membres de la commission transport et tourisme en ce sens, réunis, mardi 20 décembre, afin que la proposition de la Commission sur le MIE ne perde pas en valeur ajoutée européenne. Le MIE équivaut à 31,7 milliards d'euros pour la modernisation de l'infrastructure de transport en Europe ; à cela s'ajoutent 10 milliards issus des fonds de cohésion, à utiliser uniquement dans les pays de la cohésion, pour des projets dans le domaine du transport. Le commissaire affirme que des pressions se font sentir de la part des États membres contre ces dispositions. Le gouvernement tchèque se pose en porte-parole des États membres mécontents des propositions de la Commission en ce sens. Le commissaire devrait rencontrer ses représentants pour en discuter. Siim Kallas s'est dit ne pas être contre des mesures plus souples en la matière, mais demeure catégorique sur le fait qu'il n'accepte pas que les 10 milliards viennent juste gonfler les budgets nationaux.
De même, il a demandé le soutien des parlementaires sur les propositions de la Commission pour redessiner les cartes du réseau transeuroupéen de transport (RTE-T). Car si les États membres avaient été consultés individuellement par deux fois auparavant sur la révision de ces cartes, des pressions nationales commencent à se faire sentir quant aux 10 corridors le long desquels se trouvent les projets prioritaires pour la mise en place d'un réseau central (à l'horizon 2030). Siim Kallas dit compter sur le Parlement pour « défendre l'essence européenne de ces propositions », même s'il reste aussi ouvert à la discussion « pour tenir compte de toutes les suggestions et obtenir la structure la plus efficace possible ». Les corridors ne seraient donc pas figés et pourraient être adaptés, tant que l'objectif de valeur ajoutée européenne n'est pas perdu de vue. Le commissaire reconnaît néanmoins qu'il devra poursuivre son travail d'explication, notamment sur la coordination des projets via les plateformes pour la mise en œuvre des projets réunissant les États membres, les partenaires publics et privés, sous la houlette d'un coordinateur de la Commission européenne.
La Présidence danoise a pour ambition de dégager une approche générale à la fin de son mandat en juin 2012.
Saisissant l'opportunité de s'adresser aux parlementaires actifs dans le domaine du transport, Siim Kallas n'a pas non plus manqué de rappeler l'urgence d'agir pour la réalisation des blocs d'espace aérien fonctionnels (FAB), alors qu'il déplorait plus tôt ce mois-ci le manque de bonne volonté des États membres pour respecter leurs engagements pour l'élaboration d'un Ciel unique européen. Un message que les parlementaires devraient relayer au sein de leurs gouvernements nationaux. (MD)