Strasbourg, 14/12/2011 (Agence Europe) - Le président du Parlement européen a officiellement remis, mercredi 14 décembre, le prix Sakharov à cinq militants du printemps arabe. La militante des droits de l'homme égyptienne Asmaa Mahfouz et le Libyen Ahmed al-Sanoussi, qui a passé 31 ans dans les prisons libyennes à la suite d'une tentative de coup d'État contre le colonel Kadhafi, étaient présents à Strasbourg. Autres lauréats: les Syriens Razan Zaitouneh, avocate des droits de l'homme et blogueuse et Ali Farzat, caricaturiste, et, à titre posthume, le Tunisien Mohamed Bouazizi, qui en s'immolant par le feu, a suscité les soulèvements dans son pays . « En attribuant le prix Sakharov, le Parlement européen reconnait tous ceux qui luttent pour changement politique dans le monde arabe », a souligné le président du Parlement européen, Jerzy Buzek.
Pour Asmaa Mahfouz, ce prix Sakharov récompense la révolution égyptienne et la révolution arabe dans son ensemble et « marque une nouvelle ère dans les relations entre l'Union européenne et le monde arabe, et une meilleure compréhension mutuelle, car nous avons vécu longtemps sur les stéréotypes sur les arabes et les musulmans ». « Cette récompense rend un vibrant hommage aux héros de la révolution, c'est un prix pour tous les jeunes Égyptiens dont certains ont sacrifié leur vie ou leur liberté pour la liberté pour tous », a-t-elle ajouté avant de préciser qu'un long combat attend les Égyptiens pour changer le régime, une référence au Conseil militaire.
Dans son discours, Ahmed al-Sanoussi a tenu à rendre hommage aux femmes. « La femme a apporté plusieurs sacrifices, sa vie, ses proches, ses enfants pour atteindre nos objectifs: se débarrasser d'un régime totalitaire », a-t-il expliqué. Il a aussi rappelé que « pendant 42 ans, nous avons vécu dans l'exclusion dans l'humiliation de la dignité humaine et ce sont ces longues années qui nous ont mené à la révolution », soulignant que la seule arme des jeunes révolutionnaires était leur volonté. M. al-Sanoussi a précisé qu'il y a encore « un long chemin à parcourir pour réaliser nos objectifs mais nous allons les réaliser, grâce à notre patience, à la suite de la mise en place d'un Parlement élu et d'une constitution votée par le peuple ».
Dans un message vidéo enregistré, Ali Ferzat, a précisé qu'il « souffre de tout ce qui se passe actuellement en Syrie. Au fur et à mesure que les heures passent, des victimes tombent ». Pensant aux manifestants, M. Farzat a souligné qu'« ils nous lancent un appel, nous disent que la liberté est grande, importante, précieuse, que c'est un don de dieu ». (CG)