Bruxelles, 14/12/2011 (Agence Europe) - Leur sommet du 15 décembre doit marquer l'accord des dirigeants européens et russes sur l'accession de la Russie à l'OMC et la modification du régime de visas. Mais ils devront aplanir leurs divergences sur les élections en Russie, et les sanctions contre la Syrie et l'Iran.
Réunis mercredi soir et jeudi à Bruxelles pour la 28ème édition du sommet semestriel UE/Russie, les présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy et de la Commission José Manuel Barroso, la Haute représentante Catherine Ashton côté européen, le président Dmitri Medvedev et son ministre des Affaires étrangères Sergey Lavrov côté russe vont tenter d'apaiser les tensions nées des vives critiques en Europe au lendemain des élections législatives russes, mais également d'importantes divergences sur la Syrie ou l'Iran.
« L'UE entend faire part de ses préoccupations sur les problèmes rencontrés aux élections russes », a promis Mme Ashton devant le Parlement européen mercredi. Le 4 décembre, « le peuple russe a montré son mécontentement face à la corruption et à la situation économique », a-t-elle ajouté, tempérant toutefois que le président Medvedev et son Premier ministre Vladimir Poutine « en ont pris bonne note ». Nul doute que les dirigeants européens de l'UE redoubleront d'habileté diplomatique pour insister auprès de M. Medvedev sur leur souhait d'une élection présidentielle russe transparente et respectueuse des principes démocratiques, début mars, en évitant de froisser un partenaire stratégique essentiel pour ses fournitures énergétiques. D'autant plus que la Russie devrait de nouveau proposer son aide financière aux Vingt-sept via le FMI. La Russie, qui détient 40% de ses réserves en euros, pourrait en prêter 10 milliards.
Au plan international, aucune avancée notable n'est attendue sur les sanctions contre la Syrie et l'Iran, auxquelles la Russie est opposée. De franches discussions sont toutefois promises, côté européen, qui rappellera à Moscou ses engagements sur l'intégrité territoriale de la Géorgie, au lendemain du conflit de 2008.
Au plan bilatéral, le sommet doit saluer l'accession de la Russie à l'OMC, qui sera officialisée lors de la 8ème conférence ministérielle de l'organisation, le 16 décembre. Une adhésion en grande partie permise par les arrangements récemment conclus en bilatéral entre l'UE et la Russie, après avoir levé l'obstacle du régime russe d'investissement dans le secteur automobile. La crise économique mondiale n'a d'ailleurs pas ralenti les échanges bilatéraux entre l'UE et la Russie, qui ont augmenté de 27% depuis janvier 2011. Avec 75% de ses exportations vers l'UE constituées de produits énergétiques, la Russie est son troisième partenaire commercial. Les contentieux sur l'énergie, en particulier sur les gazoducs et les activités en Europe du gazier russe Gazprom seront aussi évoqués. Enfin, sur la base d'engagements sur la protection des frontières et l'introduction de passeports biométriques, dirigeants européens et russes devraient convenir de modifier l'accord sur la simplification du régime des visas conclu en 2006. (EH)