Bruxelles, 14/12/2011 (Agence Europe) - Il faut voir dans la visite d'un commissaire européen en Grèce la volonté de la Commission d'encourager le pays à maintenir les efforts qu'il réalise pour utiliser efficacement l'argent européen mis à sa disposition via les fonds structurels, d'autant plus que le cofinancement de l'UE à été relevé de 85% à 95% en faveur d'Athènes en début de semaine (EUROPE n° 10515).
Le commissaire européen responsable de la Politique régionale, Johannes Hahn, a en effet rencontré le Premier ministre grec Lucas Papademos, le ministre des Finances Evángelos Venizélos et le ministre du Développement régional Michalis Chrisochoidis les 13 et 14 décembre derniers. Sa visite, en compagnie de Horst Reichenbach, à la tête de la Task Force pour la Grèce (TFGR), s'est concentrée sur l'absorption effective des fonds structurels alloués à la Grèce pour la période de programmation 2006-2012, qui doivent contribuer à doper la croissance, l'emploi et la productivité. M. Chrisochoidis a annoncé en conférence de presse que le taux d'absorption de la Grèce s'établissait désormais à 32%, aux environs de la moyenne européenne. Il a ajouté que les projets « dormants » avaient été supprimés de la liste éligible pour des fonds européens et qu'un réservoir de projets plus matures avait été élaboré. Une centaine de projets environ bénéficieront aussi du soutien de l'unité de gestion de la Commission pour les aider à atteindre leurs objectifs. Le ministre est bien décidé à repartir sur de nouvelles bases, sans corruption notamment, « pour que ce qui est investi, ait une valeur ajoutée en termes d'emplois, de production, et de compétitivité ». Il a également remercié les institutions européennes pour la procédure d'adoption rapide d'un relèvement du taux de cofinancement de 10% pour les pays les plus en difficulté, ce qui permet désormais à la Grèce de jouir d'un taux à 95%. Le commissaire Hahn a en effet admis que la Commission avait fait beaucoup pour la Grèce, mais il n'a pas caché avoir été impressionné par les progrès réalisés depuis sa dernière visite en septembre dernier: « Beaucoup a déjà été fait, mais davantage encore doit être fait ». Il propose qu'en plus des délais, des étapes intermédiaires soient aussi imposées pour la réalisation des projets, afin de mieux suivre les avancements, et pouvoir réagir à temps si des retards s'accumulent. Il a enfin appelé à ce que les élections anticipées, qui se tiendront en Grèce le semestre prochain, n'occasionnent pas des retards dans l'exploitation optimale des aides européennes.
À la demande du Premier ministre grec, il lui soumettra un courrier d'ici la fin de l'année reprenant les priorités et les actions qui doivent encore être prises, selon lui, pour continuer la remise à flot des programmes de cohésion cofinancés en Grèce. (MD)