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Bulletin Quotidien Europe N° 10515
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) bce

Le PE soutient la nomination de Benoît Coeuré au directoire de la BCE

Bruxelles, 13/12/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen devrait délivrer mercredi 14 décembre à Strasbourg une opinion favorable à la nomination du Français Benoît Coeuré au directoire de la Banque centrale européenne (BCE), après le feu vert donné en ce sens lundi soir par les membres de la commission des affaires économiques et monétaires du PE.

La BCE « a pris une mesure très forte » avec le guichet de refinancement à trois ans, qui va permettre aux banques privées de l'UE de bénéficier de liquidités à des taux faibles pour financer l'économie et d'acheter des titres d'État, a-t-il expliqué lors de son audition devant la commission des affaires économiques du PE. « Les marchés n'ont pas pleinement compris la portée de cette mesure », a-t-il affirmé. M. Coeuré, économiste de formation et directeur général adjoint de France Trésor, a par ailleurs souligné le rôle du FESF, le Fonds européen de stabilité financière, avec sa capacité de levier. Interrogé sur les eurobonds, défendus par le Parlement européen, mais refusés par l'Allemagne, M. Coeuré a estimé qu'ils « font partie de la solution pour l'eurozone ». Mais « ils ne sont pas possibles en l'état », a-t-il affirmé. « Ils sont dangereux sans discipline budgétaire », a-t-il averti. « Je suis favorable aux eurobonds, mais plus comme le couronnement d'un processus que comme une solution à court terme à la crise », a-t-il résumé. Il a insisté sur l'indépendance de la BCE. « La BCE peut aller au delà de ce qu'elle fait actuellement dans le cadre de l'achat d'obligations d'État, mais il n'est pas question de négocier des décisions avec les gouvernements », a-t-il soutenu. L'achat d'obligation d'État est « un programme temporaire, pas un mode de fonctionnement permanent », a-t-il expliqué. « La BCE doit préparer le retrait de cette activité, mais cela ne se fera peut être pas en 2012 », a-t-il estimé.

Benoit Coeuré s'est prononcé en faveur d'une taxe sur les transactions financières, mais il a jugé que « ce n'est peut être pas le bon moment, car cela peut peser sur les liquidités des marchés financiers ». Il a en outre recommandé à l'UE de ne « pas procéder unilatéralement ». Il a recommandé de se « désintoxiquer des agences de notation », dont les avis pèsent sur la sortie de crise. Benoît Coeuré a été désigné comme candidat français au directoire de la BCE pour remplacer l'Italien Lorenzo Bini Smaghi. (LC)

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