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Bulletin Quotidien Europe N° 10496
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/mÉditerranÉe

L'UE invitée à « parler d'une seule voix » et à réviser son approche

Istanbul, 16/11/2011 (Agence Europe) - Le « Sommet » économique et social euroméditerranéen, qui regroupe les Comités économiques et sociaux de l'UE et de tous les États européens et du pourtour méditerranéen, a ouvert ses travaux mercredi 16 novembre à Istanbul en axant les débats de cette session sur deux thèmes: le besoin de répondre aux attentes des pays de la rive sud et le devoir de rehausser le rôle des sociétés civiles dans les processus de changement engagés.

Cette session - la première de cette importance depuis le déclenchement des « Révolutions arabes », a observé Staffan Nilsson, président du Comité économique et social européen (CESE), impose de « répondre sérieusement » aux défis nouveaux. « Nous avons le devoir de rendre hommage au sacrifice consenti par ces peuples » et « nous nous devons ne pas laisser retomber l'enthousiasme » pour la démocratie ainsi manifesté.

Le moment est « crucial », a ajouté Dimitris Dimitriatis, président du comité de suivi euroméditerranéen au sein du CESE pour qui « la fin de l'histoire n'est pas encore connue ». La période étant à la fois porteuse d'espoirs et d'inconnues quant à l'avenir, a-t-il observé.

M. Nilsson a mis l'accent dans son discours inaugural sur le rôle de la société civile pour assurer le succès des processus de changement en cours et réaliser les attentes en termes de solidarité sociale, de démocratie et de prospérité. « Nous voulons une Méditerranée du bien-être » a affirmé le ministre turc du Développement, Cevdet Yilmaz, à l'ouverture de la session, en rappelant la volonté de la Turquie de devenir un « acteur important » dans le développement de la Méditerranée. Et dans un message au « Sommet », le chef de l'État turc, Abdallag Gül, a estimé que « la situation nouvelle exige une coopération régionale » accrue et « même si chaque pays a ses caractéristiques, les objectifs et les défis sont communs ».

Parmi ces objectifs et défis, le président du CESE a évoqué le besoin d'un dialogue social renforcé au sein de tous les pays de la région, la prise à bras-le-corps des questions liées aux migrations, le rôle des entreprises, l'impulsion à l'emploi, le développement rural et la diversification agricole, le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. Le secrétaire général adjoint de l'UpM (Union pour la Méditerranée), Ygit Alpogan, a lui aussi souligné la nécessité de prendre en compte l'ampleur des changements intervenus cette année qui « n'ont pas de conséquences que politiques, mais aussi économiques et sociales » et qui impliquent d'accélérer l'initiation des projets que l'UpM a mission d'accompagner et « de contribuer à la recherche de financements » des projets dont il a détaillé la liste. Roberto Confolanieri, ancien président du comité de suivi euroméditerranéen du CESE, a regretté ensuite au cours d'un court débat que « les projets soient essentiellement européen » répondant plus aux besoins des États membres de l'UE (énergie, etc.).

Pierre Deusy, au nom de la Commission européenne, a détaillé l'engagement notamment financier pris par l'UE: plus de 1 milliard d'euros seront mobilisés par un jeu de réallocations de ressources - déjà définies - et 350 millions en tant que dotation nouvelle au titre de l'instrument « spring ».

Dans son rapport présenté à la session, le CESE a porté un regard critique sur la politique méditerranéenne de l'UE et souligné le besoin de l'adapter au contexte nouveau. « Les politiques européennes d'avant le soulèvement arabe prêchaient par manque d'imagination et de connaissance des spécificités » des pays partenaires, regrettant que l'avis du CESE n'ait pas été sollicité. « La nouvelle société qui est susceptible d'émerger dans la région EuroMed, si l'on en juge par le dynamisme de sa société civile, doit recevoir une réponse différenciée souple et intelligente » de la part de l'UE et l'accent est à mettre sur le rôle de la société civile et une plus grande prise en compte des soucis de la jeunesse et en faveur d'un rôle accru pour les femmes. « Dans ce contexte, le CESE accueille favorablement la révision et l'actualisation de la politique de voisinage » et il est « favorable à ce que le rôle et la mission de l'UpM soient redéfinis » et qu'il soit chargé de définir des « programmes spécifiques et transparents ». En conséquence, le Comité « demande que soient prises immédiatement des décisions concernant le rôle, la mission et l'organisation et le financement de l'UpM » tout comme il est demandé de réviser les procédures de financement européennes jugées trop « complexes ». LE CESE estime enfin, que dans le contexte actuel, l'UE se doit de « parler d'une voix unanime ». (FB)

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