Bruxelles, 16/11/2011 (Agence Europe) - Si la consommation de drogues en Europe semble s'être stabilisée ces deux dernières années, la cocaïne ayant atteint un pic et le cannabis étant en déclin chez les jeunes, l'émergence de nouvelles drogues, notamment de synthèse, reste une préoccupation et l'un des plus grands défis à relever dans les prochaines années, a mis en garde mardi 15 novembre à Lisbonne l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) à l'occasion de la publication de son rapport annuel.
Certains pays de l'UE signalent ainsi, indique le rapport, que les opiacés de synthèse ont supplanté l'héroïne sur le marché. « En Estonie, trois quarts des personnes admises en traitement citent désormais le fentanyl comme drogue principale. La consommation de fentanyl est également mentionnée dans les nouveaux États membres », dit l'OEDT.
Cette drogue (un opiacé de synthèse considérablement plus puissant que l'héroïne et notamment associé aux surdoses), est par ailleurs « probablement fabriquée illicitement », les sites de production les plus importants ayant toutes les chances d'être situés dans des pays limitrophes de l'UE.
En Finlande, la buprénorphine est la drogue citée comme principal produit à l'origine d'un traitement par les patients qui en entament un. Actuellement, en Europe, 5 % environ de toutes les personnes admises en traitement, soit quelque 20 000 patients déclarent comme drogue principale un opiacé autre que l'héroïne, poursuit l'OEDT.
Depuis le début de l'année, 39 nouvelles substances ont été repérées ; 41 substances nouvelles avaient quant à elles été notifiées à l'OEDT et à Europol en 2010. Les politiques européennes doivent ainsi s'adapter à ce phénomène, a averti l'OEDT, notant cependant la difficulté de la tâche, de nouvelles substances psychoactives étant notamment commercialisées sous la forme d'euphorisants légaux.
Pour le reste, l'OEDT relève quelques signes encourageants, en particulier en ce qui concerne la cocaïne et le cannabis. « Certains indices positifs suggèrent que la consommation de cocaïne pourrait avoir atteint un sommet et que l'usage de cannabis continue à céder du terrain chez les jeunes », dit le rapport. L'Observatoire relève ainsi que des pays tels que le Danemark, l'Espagne, l'Italie et le Royaume-Uni ont enregistré « un recul de la consommation de cocaïne au cours des douze derniers mois chez les jeunes adultes (15 à 34 ans) ». Un recul qui pourrait d'ailleurs s'expliquer par la crise économique et un coût élevé du produit.
Pour le cannabis, la baisse observée chez les jeunes pourrait elle être liée à la diminution de la consommation du tabac, les deux allant souvent ensemble, poursuit l'OEDT. Autre bonne nouvelle pour l'Observatoire: la consommation d'amphétamines et d'ecstasy était également « globalement stable ou en recul » ces 5 dernières années chez les jeunes adultes de 15 à 34 ans.
Le rapport souligne que la consommation d'héroïne est toujours à l'origine de la majorité des morbidités et de la mortalité liées à la drogue dans l'UE. L'Union et la Norvège comptent par ailleurs plus d'1,3 million de consommateurs réguliers d'opiacés. (SP)