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Bulletin Quotidien Europe N° 10496
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/climat

Ambition maximale et sans équivoque pour Durban

Bruxelles, 16/11/2011 (Agence Europe) - En matière de lutte contre le changement climatique, pas de place pour les tergiversations et les alibis pour ne rien faire, estime le Parlement européen, à en croire le message ferme qu'il a formulé, le 16 novembre à Strasbourg. C'est avec une conviction renouvelée et à une très large majorité (532 voix pour, 76 voix contre, 43 abstentions) que les eurodéputés demandent à l'UE de jouer son rôle de chef de file à la conférence climatique onusienne de Durban (COP-17, 28 novembre-9 décembre), de réaffirmer « publiquement et sans équivoque » son engagement envers la poursuite du Protocole de Kyoto après 2012 et de viser, dans son propre intérêt économique, davantage qu'une réduction de 20% de ses émissions de CO2 à l'horizon 2020. La résolution sur la conférence de Durban adoptée en session plénière avec l'appui des cinq principaux groupes politiques est quasiment la réplique des recommandations formulées le 26 octobre dernier par la commission de l'environnement du Parlement (Agence Europe n° 10485). C'est forte de ce large consensus, qu'une délégation composée de quinze députés européens, conduite par Jo Leinen (S&D, Allemagne), président de cette commission parlementaire, se rendra à Durban.

« Les négociations internationales sur le climat sont à la croisée des chemins, entre stagnation et progrès. L'UE doit contribuer à insuffler une nouvelle dynamique à Durban. La crise économique ne doit pas être utilisée comme excuse pour ne pas agir. L'UE doit soutenir le Protocole de Kyoto et travailler, avec d'autres pays, à une feuille de route qui permettra d'assurer la mise en place d'un traité global sur le climat d'ici à 2015 au plus tard », avait averti M. Leinen, avant le vote. Connie Hedegaard, commissaire à l'Action pour le climat a tenu à rappeler que l'opposition à une seconde période d'engagement du Protocole de Kyoto n'était pas le fait de l'Union mais bien celle de pays tiers. « Nous savons tous que Durban ne débouchera pas sur tout ce que nous souhaiterions en Europe - un accord international contraignant. Ce n'est pas à cause de l'Europe. C'est à cause d'autres qu'elle. L'Europe est prête à accepter une seconde période d'engagement, malheureusement, les pays ne sont pas trop nombreux à nous emboîter le pas. Le Japon, la Russie et le Canada qui étaient membre due la famille de Kyoto ont clairement affirmé qu'ils ne s'engageront pas dans une seconde période d'engagement », a-t-elle déclaré. D'où les deux conditions mises par l'UE à son ouverture à une deuxième période d'engagement, à savoir l'amélioration des règles du Protocole de Kyoto, garantes de son intégrité environnementale, et un accord sur une feuille de route impliquant d'autres grands émetteurs dans un cadre plus large. Mercredi 16 novembre, ce sont l'Inde et les États-Unis, qui tout en refusant de s'engager, ont affirmé que « Durban serait un échec si l'UE refusait une seconde période d'engagement du Protocole de Kyoto. Paradoxal, non ? », a déclaré la commissaire via twitter. Karl-Heinz Florenz (PPE, Allemagne) s'est dit convaincu que « seule une économie verte nous permettra de sauver des emplois et la prospérité. Nous devons faire monter à bord d'autres grands pays. Se contenter de poursuivre avec le Protocole de Kyoto ne suffira pas ».

Signe de l'ambition du texte voté par le Parlement, le groupe des Verts/ALE s'en est félicité «Alors que la communauté internationale semble avoir oublié la gravité de la crise climatique, le Parlement européen envoie un message clair. L'UE doit soutenir sans ambiguïté la prolongation du Protocole de Kyoto et en supprimer les lacunes les plus flagrantes, notamment la comptabilité des émissions de forêts et de l'usage des terres, et 'l'air chaud'. L'UE doit reprendre en main le leadership climatique et acter la perspective rapide d'un accord international contraignant », a estimé Yannick Jadot (Verts/ALE, France).

Dans sa résolution, le Parlement demande aussi à l'UE de contribuer à la conclusion d'un accord sur les sources de financement du Fonds vert pour le climat qui devra atteindre 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 pour soutenir les efforts d'atténuation des pays en développement.

Les eurodéputés rappellent que de nouvelles mesures sont nécessaires en vue de réduire les émissions de CO2 des transports aériens et maritimes internationaux jusqu'ici exclus du Protocole de Kyoto) et les émissions liées au changement d'affectation des terres. En dépit de l'opposition de nombreux pays tiers à la législation qu'ils ont approuvée en 2008 en vue d'inclure l'aviation civile dans le système d'échange de quotas d'émissions de l'UE à compter du 1er janvier 2012, les eurodéputés expriment leur plein soutien à la directive dite ETS.

Le Parlement s'inquiète une fois de plus de l'énorme décalage entre les engagements internationaux de réduction des émissions, actuellement sur la table, et l'objectif poursuivi de maintenir le réchauffement moyen à la surface de la planète en dessous de 2 degrés Celsius (par rapport à l'ère préindustrielle), alors même que le GIEC situe entre 25 % et 40% l'effort de réduction requis des pays industrialisés à l'horizon 2020 par rapport au niveau de 1990. (AN)

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