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Bulletin Quotidien Europe N° 10496
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/santÉ animale

Agir pour protéger le santé des abeilles

Bruxelles, 16/11/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen a estimé mardi 15 novembre qu'il importe de prendre d'urgence des mesures permettant de protéger la santé des abeilles et il s'inquiète à nouveau de ce que, si elle n'est pas maîtrisée, « l'augmentation en Europe du taux de mortalité chez les abeilles et les pollinisateurs sauvages aura une forte incidence négative sur l'agriculture, la production de denrées alimentaires et la sécurité alimentaire, la biodiversité, la durabilité écologique et les écosystèmes ». On estime actuellement que 84% des espèces de plantes et 76% de la production alimentaire en Europe dépendent de la pollinisation par les abeilles.

Pour le groupe des Verts/ALE au PE, le rapport tel qu'entériné contient d'importantes « lacunes » concernant l'effet des pesticides et les effets sanitaires et économiques des OGM sur les abeilles et l'activité des apiculteurs. C'est pourquoi les députés des groupes Verts/ALE et GUE/GNL avaient présenté une résolution alternative faisant valoir ce point de vue, qui a été rejetée en plénière (170 voix pour la résolution alternative, 454 contre et 12 abstentions). La résolution alternative demandait notamment que les cultures génétiquement modifiées fassent l'objet d'un moratoire « jusqu'à ce que des études indépendantes ayant fait l'objet d'une évaluation par les pairs révèlent des effets négatifs sur la santé des abeilles ».

En adoptant (534 voix pour, 16 voix contre et 92 abstentions) le rapport de Csaba Sándor Tabajdi (S&D, hongrois) sur la santé des abeilles, le PE demande à la Commission d'améliorer la méthodologie de l'évaluation des risques des pesticides, « afin de protéger la santé de la colonie, préserver le développement de la population, et assurer un accès approprié aux résultats et à la méthodologie des études écotoxicologiques que contiennent les dossiers d'autorisation ». Les pesticides peuvent avoir des effets nocifs sur les abeilles et la santé des colonies, admettent les députés. Le PE demande la création d'un système encourageant la notification préliminaire des apiculteurs dans tous les États membres avant les utilisations de pesticides, en particulier les opérations de traitement insecticide par voie aérienne (contre les moustiques, par exemple), ainsi que d'un système permettant de fournir, sur demande, des informations sur l'emplacement des ruches au moment de ces interventions.

Les députés soulignent par ailleurs la nécessité d'encourager l'industrie pharmaceutique à développer de nouveaux médicaments destinés à lutter contre les maladies des abeilles.

Production et sécurité alimentaire, protection de l'origine. Le PE demande à la Commission de surveiller « sans relâche » la situation de la santé animale dans les pays d'origine, d'appliquer les critères les plus stricts en matière de santé animale et de mettre en place un système adéquat de contrôle du matériel de multiplication venant de pays tiers, afin d'éviter l'introduction, dans l'Union, de maladies et de parasites exotiques des abeilles tels que les scarabées Aethina tumida et les acariens Tropilaelaps.

Les eurodéputés demandent que, pour les produits vétérinaires autorisés dans l'Union européenne, un seuil limite ('valeur de référence') soit fixé provisoirement à 10 ppb, vu les méthodes analytiques appliquées dans les différents États membres. En outre, la Commission est invitée à inclure des « niveaux d'intervention zéro » ou des valeurs de référence ou des limites maximales de résidus (LMR) dans le miel et d'autres produits de l'apiculture pour les substances qui ne peuvent être autorisées pour le secteur apicole européen, et à harmoniser les contrôles vétérinaires aux frontières et les contrôles sur le marché intérieur. Le PE estime en effet que dans le cas du miel, les importations de qualité médiocre, les frelatages et les succédanés sont des facteurs de distorsion du marché qui exercent une pression constante sur les prix et la qualité finale au sein du marché intérieur de l'Union. Il faut donc, selon le PE, « garantir les mêmes conditions de concurrence pour les produits et les producteurs de l'Union et ceux des pays tiers ».

Réforme de la politique agricole commune (PAC). Le PE demande à la Commission de fournir des « ressources financières beaucoup plus importantes », en renforçant le soutien actuel à l'apiculture dans le cadre de la PAC après 2013 et en garantissant la pérennité et l'amélioration des programmes existants de soutien au secteur apicole (règlement (CE) n° 1221/97). Il est demandé à la Commission de prévoir un filet de sécurité ou un système d'assurance commune pour l'apiculture, afin d'atténuer les répercussions de situations de crise vécues par les apiculteurs.

Préservation de la biodiversité. Le PE invite instamment la Commission, dans le cadre de la directive 92/65/CEE du Conseil du 13 juillet 1992, à interdire, fût-ce temporairement, l'importation d'abeilles vivantes et des espèces du genre Bombus sp en provenance de pays tiers de manière à éviter l'introduction de maladies exotiques. (LC)

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