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Bulletin Quotidien Europe N° 10494
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/syrie

L'UE adopte de nouvelles sanctions et soutient la Ligue arabe

Bruxelles, 14/11/2011 (Agence Europe) - Le Conseil des Affaires étrangères a décidé lundi 14 novembre d'étendre les sanctions de l'UE à l'encontre du régime syrien à 18 nouvelles personnes, « responsables de violations des droits de l'Homme », en les interdisant de visa en Europe et en gelant leurs avoirs. Ainsi 74 personnes et 19 entités, dont la Commercial Bank of Syria, sont désormais sous le coup de sanctions de l'UE. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont également interdit à la Banque européenne d'investissement (BEI) d'effectuer des « décaissements liés à des accords de prêts » existants entre l'UE et la Syrie. Tout nouveau crédit de la BEI est suspendu, tout comme le versement de nouvelle tranche de crédits en court et l'assistance technique. Ces décisions seront publiées dans le Journal officiel de l'UE de mardi 15 novembre.

Lundi, à son arrivée au Conseil, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, avait plaidé pour des « mesures additionnelles » contre le régime de Bachar El Assad « afin d'augmenter la pression». Son homologue français, Alain Juppé, avait justifié la nécessité d'une sévérité accrue en raison de « l'entêtement sanguinaire du régime de Damas ». Le Conseil a rappelé que l'UE continuera à imposer des mesures supplémentaires contre le régime tant que la répression se poursuivra.

Soutien à la Ligue arabe. « L'UE salue et soutient les décisions prises par la Ligue arabe lors de sa réunion du 12 novembre, qui montrent l'isolement croissant du régime syrien », soulignent les ministres européens dans des conclusions, précisant qu'ils « accueillent favorablement les efforts de la Ligue arabe pour en finir avec la violence et apporter une transition démocratique » en Syrie. « Il est important de travailler en étroite collaboration (avec la Ligue arabe et l'ONU, ndlr) pour trouver des façons de soutenir par exemple les ONG qui font un grand travail sur le terrain », a souligné Catherine Ashton avant le Conseil. Réunie samedi 12 novembre, les pays de la Ligue arabe ont décidé de suspendre la Syrie de l'organisation panarabe. Lundi, des experts se sont réunis au Caire pour discuter de la mise en place d'un mécanisme pour protéger les civils en Syrie. Les ministres européens ont évoqué la possibilité de soutenir la Ligue dans cette protection, a expliqué la Haute représentante à l'issue du Conseil.

Le Conseil va continuer à faire pression pour une forte action des Nations unies afin d'accroître la pression internationale. Il a exhorté tous les membres du Conseil de sécurité à assumer leurs responsabilités. M. Juppé a demandé à l'ONU de trouver un moyen de « protéger davantage » la population syrienne. « Aujourd'hui le moment est venu de voir comment nous pouvons protéger davantage les populations. J'espère que le Conseil de sécurité aussi finira par prendre position », a-t-il déclaré. Le 5 octobre dernier, la Chine et la Russie avaient mis un véto à une résolution condamnant le régime syrien. Le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt a souligné « qu'une possibilité pour protéger les civils serait d'envoyer des observateurs, peut-être une mission humanitaire de l'ONU », mais une telle action nécessiterait l'aval de la Syrie. Aucune intervention militaire n'est pour l'instant prévue. Mme Ashton a souligné que la situation est différente de celle connue en Libye. « Je ne pense pas que cela prenne la même direction, qu'on soit dans la même situation », a-t-elle expliqué. (CG)

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