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Bulletin Quotidien Europe N° 10468
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/bce

Un nouveau ballon d'oxygène pour le refinancement bancaire

Bruxelles, 06/10/2011 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne a frappé fort en étoffant son dispositif non conventionnel d'aide au refinancement bancaire, jeudi 6 octobre à Berlin lors de la dernière réunion du Conseil des gouverneurs qu'a présidée Jean-Claude Trichet et à laquelle ont assisté le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker et le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. Mais elle a décidé de maintenir inchangés ses principaux taux, bien que l'inflation ait atteint 3% dans la zone euro en septembre. Toutes ces décisions ont été prises par consensus et non à l'unanimité.

Nous vivons « une crise globale » qui implique de « nombreux changements structurels », a déclaré M. Trichet. « Pour la première fois, la crise est concentrée dans les économies avancées. Ce n'est pas un phénomène de courte durée », a-t-il ajouté. Questionné sur l'opposition allemande au rachat par la BCE de titres d'obligations souveraines, il a affirmé que toutes les décisions sont prises avec lucidité et responsabilité.

Afin de contrer l'aggravation des tensions sur les marchés financiers nées des craintes sur la solidité du système bancaire européen et son exposition aux dettes souveraines de pays de la zone euro, la BCE a décidé de: - mettre sur pied deux nouvelles opérations de refinancement illimité par le biais de prêts avec une maturité de 12 mois (à partir d'octobre) et de 13 mois (à partir de décembre) ; - prolonger jusqu'à juillet 2012 ses opérations non conventionnelles actuelles à court-terme (maturité à 1 semaine, 1 mois, 3 mois) ; - lancer un programme de rachat d'obligations sécurisées de 40 milliards d'euros sur les marchés primaires et secondaires et pour une période courant de novembre 2011 à octobre 2012. Cela montre « l'amplitude des décisions » prises afin d'assurer une transmission adéquate de notre politique monétaire, a déclaré M. Trichet.

EFSF. Le président de la Banque centrale européenne, qui laissera sa place début novembre au gouverneur de la Banca d'Italia Mario Draghi, a estimé inapproprié que la BCE soit impliquée afin de permettre aux fonds européen de sauvetage, la Facilité EFSF, d'optimiser sa puissance de feu par le biais d'un effet de levier. « Les gouvernements ont la capacité de créer eux-mêmes un effet de levier », a estimé M. Trichet, convaincu que la BCE ne peut pas « se substituer aux États ». Il a pressé les pays de la zone euro à achever le processus de ratification du renforcement de l'EFSF. Celui-ci s'achèvera avec un vote en Slovaquie mardi 11 octobre. Le fonds de sauvetage sera alors habilité à racheter sous condition des titres de dette souveraine directement lors de leur émission par les agences nationales du Trésor ou auprès d'investisseurs qui en détiennent. Il pourra aussi prêter à un État pour qu'il recapitalise son secteur bancaire.

Interrogé sur le volume de fonds propres dont auraient besoin les banques européennes, M. Trichet n'a pas souhaité donner un ordre de grandeur, communiquer un chiffre global étant d'après lui inutile étant donné la diversité des situations rencontrées. Le FMI juge nécessaire une enveloppe de 100 à 200 milliards d'euros. La BCE presse les banques de faire leur possible pour assainir leurs états financiers, retenir leurs bénéfices, modérer leur politique de rémunération et de se tourner vers les marchés pour renforcer leurs fonds propres. En faisant appel, si nécessaire, aux dispositifs publics en place y compris l'EFSF renforcée.

La BCE estime que l'inflation demeurera au dessus de 2% dans les prochains mois et commencera ensuite à décliner. Elle juge « équilibrés » les risques pesant sur la hausse des prix, avec à la hausse l'augmentation de la fiscalité et à la baisse le ralentissement de l'économie. (MB)

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