Bruxelles, 06/10/2011 (Agence Europe) - Si elles ont été la locomotive de la reprise économique en 2010, en étant à l'origine de plus des deux tiers (87,5 millions) des offres d'emploi dans le secteur privé et de 58,4% de la valeur ajoutée brute totale, par rapport aux 43 000 grandes entreprises qui ne représentent que 0,2 % des entreprises de l'UE, les PME doivent encore évoluer dans un climat économique incertain.
Présentée dans le cadre de la semaine des PME, du 3 au 9 octobre à Bruxelles, l'édition 2010 du rapport annuel sur les PME, élaboré par la Commission européenne, montre que la reprise en 2010 a été tirée par les PME. Malgré un environnement difficile, les PME ont commencé à rebondir en 2009 pour sortir de la phase la plus critique de la récession de 2008-2009. Leur nombre s'est maintenu au niveau de 2009, à 20,8 millions d'unités en 2010, dont 19,2 millions de micro-entreprises (moins de 10 salariés), et leur valeur ajoutée combinée a augmenté de 3,4% en 2010 (les estimations tablent sur une croissance de 3,7% pour 2011), après une chute de 6,4% en 2009. En 2011, leur nombre devrait augmenter de 0,9 % et leur valeur ajoutée brute de 3,9 %. Le nombre de leurs salariés devrait même s'accroître de 0,4%, après avoir reculé pendant deux ans. Il est toutefois encore trop tôt pour considérer cette évolution comme une véritable reprise de l'activité des PME, puisque le redressement de l'emploi tarde toujours. En effet, la baisse du nombre de salariés, entamée en 2009 (-2,7%), s'est ralentie en 2010 (-0,9%), mais elle devrait avoir entraîné une perte nette de plus de 823 000 emplois dans l'UE. Globalement, la ventilation des chiffres par secteur industriel fait apparaître que les PME dominent tant en ce qui concerne la valeur ajoutée que l'emploi, dans les secteurs de la construction, du commerce de gros et de détail, des hôtels/restaurants, et de l'immobilier.
En fonction de l'examen des performances des PME en 2010, les États membres sont classés ainsi: - d'une part, le groupe des plus vertueux, qui ont un taux de croissance positif tant en termes de valeur ajoutée brute que d'emploi, à savoir l'Autriche, l'Allemagne, le Luxembourg, Malte, la Roumanie, la Suède et le Royaume-Uni ; - ensuite, un groupe de pays intermédiaires qui génèrent de la croissance sans emploi, avec un taux de croissance positif de la valeur ajoutée brute, mais un taux de croissance négatif de l'emploi, à savoir la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, l'Estonie, la France, l'Italie, Chypre, la Hongrie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Slovénie, la Slovaquie et la Finlande ; - enfin, un groupe de pays mal en point, avec un taux de croissance négatif tant en termes de valeur ajoutée brute que d'emploi, à savoir la Grèce, l'Irlande, l'Espagne, la Lettonie et la Lituanie.
Les fiches SBA (Small Business Act) confirment que la situation des PME s'est améliorée dans la plupart des pays de l'UE entre 2005 et 2011. Les progrès notables sont l'amélioration de l'accès au marché unique, le renforcement de la réactivité des administrations publiques et la promotion de l'entrepreneuriat. Le seul domaine où les conditions se sont détériorées concerne l'accès au financement, talon d'Achille des PME. La Commission déplore que sur les 588 mesures politiques mises en œuvre par les capitales en 2010, seules 99 étaient axées sur l'amélioration de l'accès au financement. (EH)