Bruxelles, 14/09/2011 (Agence Europe) - « La problématique urbaine en Méditerranée est l'un des enjeux les plus lourds du XXIème siècle », estime la ministre marocaine de l'Énergie et de l'Environnement Amina Benkhadra, en conclusion d'une réunion de l'Union pour la Méditerranée (UPM) sur le développement durable qui a eu lieu à Rabat les 12 et 13 septembre (cf. EUROPE n° 10450) en préparation d'une session ministérielle fixée les 9 et 10 novembre prochains à Strasbourg. Face à un tel enjeu, « un combat collectif » sera nécessaire, a-t-elle dit. Parmi les participants à cette réunion à Rabat, des représentants des pays membres de l'UpM et des représentants d'organisations multilatérales et des bailleurs de fonds (Banque mondiale, Banque européenne d'investissement, Agence française de développement AFD).
Selon des chiffres cités au cours de la conférence: la population des villes de l'est et surtout du sud de la Méditerranée devrait atteindre 245 millions d'habitants à l'horizon 2025 contre 165 millions actuellement, soit une augmentation de près de 50%. Un rapport en ce sens élaboré par le PNUE (programme des Nations unies pour l'environnement), a été présenté à la réunion. Tirant les conclusions des débats, la ministre a mis en avant le risque d'une urbanisation accélérée, principalement dans les pays méditerranéens du sud et de l'est. La conséquence en sera la détérioration d'une situation déjà préoccupante aux niveaux de la consommation des terres, de la pollution des eaux souterraines, de l'accès à une eau potable de qualité et à des services d'assainissement, de la gestion des déchets et des impacts négatifs sur l'environnement et la santé humaine, a dit la ministre. S'y ajoute le phénomène induit par le changement climatique. Selon Francisco Mombiela, secrétaire général du CIHEAM (Centre International des Hautes Études Agronomiques en Méditerranée: « En Méditerranée, les contraintes climatiques, le stress hydrique et les limites foncières ont toujours été présents. Les systèmes agricoles ont souvent du faire preuve d'ingéniosité pour faire face à ces nombreuses difficultés. Aujourd'hui, cette capacité de résilience relative est mise à l'épreuve comme jamais elle ne l'a été par le passé ». (F.B.)