Bruxelles, 14/09/2011 (Agence Europe) - Les experts des 27 États membres, réunis à Bruxelles, discutent d'un nouveau renforcement des sanctions contre le régime syrien. Un accord politique sur l'interdiction de nouveaux investissements dans le secteur pétrolier en Syrie aurait été trouvé, selon des diplomates européens, repris par l'AFP. L'interdiction viserait également les sociétés syriennes actives à l'étranger. Elle consisterait à interdire tout prêt, achat de participations ou création de coentreprises avec le secteur pétrolier syrien. L'interdiction ne concernerait que les nouveaux investissements et pourrait donc épargner les investissements anciens.
Les experts se sont également mis d'accord pour compléter la liste des sociétés frappées par un gel d'avoirs dans l'UE avec cinq nouvelles sociétés et ils discuteraient toujours de l'ajout de nouveaux noms de personnalités ou de sociétés.
D'autres sanctions pourraient suivre, telles que l'interdiction d'alimenter la banque centrale syrienne en billets imprimés en Europe. Des entreprises allemandes, belges et autrichiennes sont concernées.
Ce paquet de mesures constituerait un septième train de sanctions contre Damas, et s'ajouterait à l'embargo européen sur les importations et le négoce de pétrole syrien. Il pourrait être adopté en début de semaine prochaine.
À Strasbourg, lors de la session plénière, le secrétaire d'État polonais aux Affaires européennes et les députés européens ont également demandé mercredi 14 davantage de sanctions contre le régime de Bachar al-Assad. « L'UE est le partenaire commercial le plus important de la Syrie, nous devons contraindre l'élite économique à faire un choix: faire des affaires avec une nécessaire coupure avec Bachar al-Assad », a expliqué la Néerlandaise Marietje Schaake (ADLE). La députée européenne verte Ulrike Lunacek (Autriche) a également demandé des sanctions sur le pétrole et a déploré que la majorité du Parlement n'ait pas voté pour une interdiction des investissements dans le pétrole syrien. « Nous pouvons exiger d'eux qu'ils ne fassent pas affaire avec un régime aussi cruel », a-t-elle dit.
Les députés ont également dénoncé ce qu'ils considèrent comme un manque d'implication de la communauté internationale. « La situation est intolérable, combien de temps devrons nous encore attendre avant que la communauté internationale cesse d'être spectatrice ? L'UE a étoffé ses sanctions mais le moment est venu, nous devons négocier avec Chine et Russie. Il a fallu cinq mois avant que la Ligue arabe fasse initiative », a rappelé le Chypriote Ioannis Kasoulides (PPE). « Nous devrions appeler à une enquête, à l'intervention de la cour pénale internationale, être actifs à l'Onu, nous devrions condamner fortement les violences. La Ligue arabe doit agir pour peser sur les autorités », a rajouté Richard Howitt (S&D, britannique).
Le futur de la Syrie a aussi été abordé. « Il faut encourager ceux qui peuvent donner un avenir meilleur, il faut qu'ils s'engagent, se réunissent. Il faut une transition pacifique vers la démocratie, vers les Syriens, sans violence », a souligné le secrétaire d'État polonais. (CCG)