Bruxelles, 14/09/2011 (Agence Europe) - L'Allemagne et la France demeurent opposées à la mutualisation, dans un futur proche, d'une partie de la dette des pays de l'Eurozone. Nous sommes contre les 'eurobonds' parce que « nous croyons qu'on ne peut pas lutter contre l'endettement public en rendant plus facile l'endettement », a déclaré mercredi 14 septembre le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle, rapporte l'agence Bloomberg. Côté français, le son de cloche est un peu différent dans la mesure où cette perspective n'est envisageable qu'à plus long terme. Selon la porte-parole du gouvernement français Valérie Pécresse, la mutualisation de la dette doit en effet constituer « un point d'arrivée et pas un point de départ ». La ministre du budget a aussi estimé que la création d'euro-obligations ne constituerait que « l'étape finale d'un processus de convergence » budgétaire des pays de la zone euro. Alors qu'une accalmie semblait se dessiner sur les marchés, l'agence Moody's a dégradé les notes de deux banques françaises (Société générale et Crédit agricole) en raison de leur exposition à la dette grecque.
Lors d'une conférence téléphonique mercredi soir, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont donc rappelé au Premier ministre grec Georges Papandréou que la Grèce doit appliquer toutes les mesures qu'elle a adoptées afin de respecter les engagements budgétaires inscrits dans son programme triennal d'austérité. C'est à ce prix qu'elle obtiendra la tranche d'aide de 8 milliards d'euros au titre du 1er sauvetage grec. La veille, Mme Merkel avait par ailleurs insisté sur le fait qu'un défaut ordonné ne serait possible qu'à partir de mi-2013 lorsque le fonds permanent de sauvetage, le Mécanisme européen de stabilité, entrerait en vigueur.
Lors d'un débat au Parlement européen, le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso a indiqué qu'il présenterait des options sur la faisabilité des euro-obligations (voir autre nouvelle). Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a prévenu que la création d'eurobonds entraînerait inévitablement une surveillance budgétaire et une coordination économique accrues.
Inquiétudes des partenaires tiers. Les éventuelles répercussions d'un défaut de la Grèce inquiètent les partenaires internationaux de l'Europe. Les Européens doivent se rencontrer et décider d'intégrer de manière plus coordonnée leurs politiques monétaires et budgétaires, a indiqué le président américain Barack Obama, selon l'agence espagnole EFE. Le secrétaire au Trésor américain Tim Geithner sera exceptionnellement présent à la réunion informelle des ministres des Finances, ces vendredi 16 et samedi 17 septembre à Wroc³aw (Pologne). Pour prendre part au dialogue macro-économique transatlantique qui focalisera son attention sur « les efforts européens et internationaux visant à contrer les turbulences actuelles sur les marchés financiers afin de reprendre le chemin d'une croissance stable et durable », indique la Présidence polonaise dans un communiqué. Les Européens ont les capacités de résoudre la crise de la dette mais ils vont devoir en faire davantage car ils ont pris du retard, a dit M. Geithner mercredi sur la chaîne CNBC. Il pourrait demander aux pays de la zone euro d'augmenter le fonds européen de sauvetage.
À noter que les principaux pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) envisageraient d'accroître leurs avoirs en titres de dette de pays de l'Eurozone. Le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, a indiqué que la crise de la dette dans la zone euro serait à l'ordre du jour de la réunion des 'BRICS', la semaine prochaine à Washington. (M.B.)